Après une démo en 2012, un premier EP en 2013 (Snakeskin') et un premier album, Sadlands en 2014, il faut attendre 2016 et Mastosaurus pour que la partie francophone de la Belgique commence à parler de KING HISS. Il est vrai que le quatuor, composé de membres expérimentés, a mis le paquet pour son deuxième album, allant chercher de grandes pointures américaines pour le mixage et le mastering de Mastosaurus.
Comme ses prédécesseurs, Earthquaker sort en autoproduction. Ce souhait éthique et DIY explique peut-être en partie ce manque de reconnaissance.
Pourtant, musicalement, on ne peut pas dire que KING HISS ne pourrait pas intéresser le public wallon. Avec des étiquettes Stoner et Metal, des références à BARONESS ou MASTODON, il y a moyen de chatouiller les oreilles au sud de la Belgique également.
Pour ce troisième album, KING HISS a souhaité revenir à un certain essentiel et plutôt que de faire appel une nouvelle fois à des pointures comme Dave Collins (QUEENS OF THE STONE AGE, SOUNDGARDEN, BLACK SABBATH), The Machine (LAMB OF GOD, CLUTCH), Paul Logus (ANTHRAX, CLUTCH) ou Ace Zec (DIABLO BLVD, SPOIL ENGINE), la formation a choisi de travailler avec Brent Vanneste (STAKE). Et effectivement, on retrouve un peu de ce son typé de STEAK NUMBER EIGHT – qui s'appelle maintenant STAKE au cas où tu n'aurais pas suivi.
KING HISS nous avait habitués à des productions ultra léchées, et plus particulièrement sur Mastosaurus. Retrouver un son plus gluant qui laisse mieux s'exprimer le côté rude du groupe n'est pas désagréable.
D'autant que KING HISS, pour aller de paire avec cette production, a opté pour des compositions plus Metal et rentre-dedans. Ce disque prend aussi des distances avec ces références à BARONESS et RED FANG qui commençaient sans doute à coller un peu trop à la peau du Roi.
Plusieurs conséquences artistiques découlent de ce choix. D'abord la guitare de Joost Noyelle, aka Josh Fury, ancien guitariste emblématique de LIAR et CONGRESS, devient plus reconnaissable et certaines riffs et soli lui sont maintenant clairement attribuables.
Ensuite le chant de Jan Coudron offre une palette plus qu'élargie de ses qualités vocales. Maitrisant aussi bien un chant très mélodique à une puissance vocale hargneuse, le chanteur de KING HISS se promène également dans les intermédiaires et il vient côtoyer, voire faire de l'ombre au vocaliste de CHANNEL ZERO.
Ces écarts sont parfois déstabilisant. Earthquaker nécessite un peu d'apprivoisement. Mais cette audace est payante. KING HISS pallie ainsi aux manque d'innovation. En sortant d'un cadre trop restreint et en se permettant plus de libertés, KING HISS finit par proposer son album le plus intéressant.

King Hiss
Baroness

Black Sabbath









