Même pour ceux qui n’ont pas opté pour l’option latin lors de leur scolarité, le troisième volet des aventures cinématographiques de John Wick vous aura permis de traduire en partie la locution reprise comme titre de l’album : Si tu veux la paix, prépare la guerre. La succession s’annonce périeuse puisqu’il s’agit de passer après Poison The Parish (2017) favorablement accueilli par la critique et les fans en raison d’une fragilité affichée à laquelle ils ne nous avaient pas habituée jusqu’alors.
Si Vis Pacem, Para Bellum continue sur la lancée de Poison The Parish avec des textes qui offrent une vue sur la sensibilité de Shaun Morgan. Tanguant en permanence entre composition en mode hit fm et introspection personnelle, le rendu final est assez plaisant.
Parfaite synthèse des vingt ans de carrière, l’album oscille entre hymnes rock et metal mélodique reposant fortement sur la voix qui en impose du frontman. Comme d’habitude, les titres sont concis, ils tranchent dans le vif sans s’attarder en cours de route. Nous sommes en terrain connu, réconforté par la force de l’inertie d'un rock alternatif efficace.
Bien que nous ayant déjà gratifié de solides efforts, le nouveau venu démontre une maturité plus élaborée que ses prédécesseurs, notamment en raison d’un degré relevé de lourdeur, d’agressivité et d’introspection personnelle comme déjà évoqué. On relèvera également la place laissée à la basse tout au long des treize pistes, assurant une approche de l’écriture musicale équilibrée entre chaque intervenant.
Côté nouveauté, Corey Lowery rejoint la formation à la guitare de tête et en tant que voix secondaire après avoir réussi le test de la tournée en 2018-2019. Sa participation, sans bouleverser l’équilibre établi, est cohérente et rajoute de la consistance à l’ensemble.
L’apport principal que permet probablement l’arrivée de Lowery se révèle avec le titre Can’t Go Wrong dont les accents grunges réconfortent le conduit auditif. Emouvant et déchirant, il contraste avec les oubliables Liar et Buried in the Sand qui l’entourent. Il aurait mérité d’être placé en compagnie des quatre dernières pistes qui sont d’un intérêt supérieur au reste, dont le sinistre Beg qui laisse pantois en raison de sa puissance authentique.
Au final, Si Vis Pacem, Para Bellum est à l’image de la discographie de Seether : appréciable, proche d’atteindre des sommets mais ratant le coche avec certains passages quelconques. Le final laisse néanmoins entrevoir un horizon nouveau qui s’annonce dévastateur. En attendant, ce huitième effort remplit pleinement les attentes.
Seether - Si Vis Pacem, Para Bellum - Chronique - Rock alternatif

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