Si le premier volume avait besoin d'être apprivoisé pour s'imposer, le deuxième atteint son objectif immédiatement.
Il faut dire que l'ouverture avec Triassic est plutôt opérante. THE OCEAN renoue avec des qualités d'écriture à la fois riches et efficaces. Pour cet album, le projet mené par Robin Staps a choisi de proposer des compositions solides, pugnaces mais toujours soignées.
Le chant clair et technique très présent sur le précédent disque est encore de rigueur ici mais il est nettement contrebalancé par des parties vocales plus dures (Jurassic/Cretaceous, Pleisticene) et un accompagnement instrumental tantôt musclé tantôt surprenant (Triassic, Palaeocene, Eocene).
En effet, THE OCEAN s'inspire et utilise l’électronique pour appuyer ses progressions dont il a le secret. Cette couleur électronique, confiée à Peter Voigtmann est avant tout sonore évidemment mais le groupe l'utilise aussi rythmiquement ou mieux encore dans certains passages électriques (Jurassic/Cretaceous). Cette manipulation digitale reste par conséquent très organique (Triassic, Oligocene, Holocene).
Subtilement, THE OCEAN distille également une influence plus orientale dans certains climax (Jurassic/Cretaceous, Holocene). Robin Staps évite les clichés folkloriques au profit d'une inspiration plus stylistique et spirituelle.
Phanerozoic II renoue avec le meilleur de ce que THE OCEAN a déjà proposé. Là où le premier volume laissait à craindre une certaine stagnation, ce nouveau volume bénéficie de cette capacité que possède Robin Staps à composer des titres détaillés dont les tempos évoluent constamment (Jurassic/Cretaceous, Pleistocene) et où la délicatesse se fracasse sur la puissance (Palaeocene).
Riche mais direct. Ce deuxième volume de Phanerozoic est empli d'éléments finement déposés comme de coutume avec THE OCEAN. Mais cette fois, il n'est pas nécessaire de s'imposer plusieurs écoutes attentives ou de décortiquer chaque couche pour être emmené.e dans le voyage temporel proposé.
Tout comme sa première moitié, Mesozoic/Cenozoic faute par sa durée. D'autant que THE OCEAN, à l'exception de Triassic et Jurassic/Cretaceous, ne s'éternise plus avec des compositions à rallonge. La majorité des titres tournant plus autour des 4 minutes et la fluidité d'écoute de l'album renforcent ce sentiment de disque trop court. Surtout aux premières écoutes où on se laisse surprendre par ces 50 minutes pourtant honorables.

The Ocean