En guise de pied de nez à l’histoire, les californiens se réveillent alors qu’on y croyait plus et reviennent à leur premier amour qu’est le thrash metal, sans perdre leur humour dérangé. The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo (2020) propose un nouvel enregistrement de leur première casette démo de 1986. Pour l’occasion, Scott Ian (Anthrax) à la guitare et Dave Lombardo (Slayer) à la batterie viennent grossir les rangs pour une version 2020 de Mr. Bungle en mode All-Star.
Ces nouvelles versions des titres de 1986 n’apportent que peu de modifications par rapport à la mouture originale ; ce quatrième album est incontestablement le plus simple de leur discographie. Ne cherchez pas des compositions d’avant-garde, des passages de jazz ou d’autres expérimentations, ce The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo (2020) est un condensé de thrash metal pur et dur, ni plus, ni moins.
Le style d’écriture n’ayant presque pas été modifié, on relie rapidement les titres à la décennie durant laquelle ils ont été créés. Les rythmes sont serrés, les chansons épurées et malgré certaines bizarreries caractéristiques de la formation, l’ensemble reste très classique, en opposition aux trois autres longs efforts.
Il est assez surprenant d’entendre cinq hommes d’un certain âge jouer des compositions écrites avec la certitude excessive qu’on accrédite souvent à un excès de confiance lié à la jeunesse. Nous sommes en présence d’une oscillation constante entre le stupide juvénile et le génie, notamment lorsque Mr. Bungle propose un mélange original entre le standard espagnol qu’est La Cucuracha et le crossover thrash du titre Speak English or Die de Stormtroopers of Death. L’auditeur est amené à s’acclimater à des adultes dont l’esprit est resté très jeune mais qui survolent de façon indécente l’audience.
L’ajout de Scott Ian et Dave Lombardo n’est pas uniquement figuratif, leurs performances sur les singles Raping Your Mind et Eracist le démontrent à suffisance. Ils garantissent une section rythmique de haut vol à laquelle vient se greffer les trois comparses d’origine qui apportent une certaine dose d’étrangeté. On regrette néanmoins un ensemble peu varié pour du Mr. Bungle, que ce soit le peu d’expérimentation déjà évoqué ou une prestation vocale de Mike Patton assez contenue du fait que les titres ont été écrits à une époque où il n’avait pas encore développé ses techniques vocales d’un autre monde.
The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo (2020) voit deux camps s’affronter. D’un côté, le camp de ceux qui louent son thrash metal qualitatif, de l’autre, ceux qui regrettent sa simplicité inattendue. A vous de choisir le vôtre.
Mr. Bungle - The Raging Wrath of the Easter Bunny Demo (2020) - Chronique - Thra
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