La notoriété de la formation texane débute en 2015 à l’occasion du split Retaliator / Vigilance avec Gatekeeper. Le groupe atteint un sommet inattendu lors de la sortie de leur premier long effort, The Armor of Ire (2016). Depuis, ils bénéficient d’une aura exceptionnelle qui dépasse l’entendement chez les fans purs et durs d’heavy metal et parvient même à atteindre les sphères extérieures à l’underground. Notre attente inhabituelle de plusieurs semaines après avoir tenté d’obtenir une interview d’Arthur Rizk démontre l’engouement suscité. Le phénomène Eternal Champion s’inscrit dans une renaissance des fondements de la new wave of traditional heavy metal ces dernières années qui, sans révolutionner le genre, le dépoussière avec vigueur.
On pourrait s’étonner, après avoir dressé le portrait d’une formation qui mobilise les passions, qu’il faille attendre quatre années avant de découvrir leur second album, Ravening Iron (2020). Les changements fréquents de line-up illustrent probablement les difficultés rencontrées lorsqu’on associe des membres qui poursuivent plusieurs projets à la fois. Démarré comme un projet parallèle, on peut à présent légitimement s’interroger à propos de la place centrale que devrait revêtir Eternal Championpour ses membres.
Sans surprise, Ravening Iron est un bijou d'epic heavy metal. Pour aller droit au but, les texans incarnent les ambitions affichées par Manowar que ces derniers ne sont plus en mesure d'assumer depuis un certain temps. Les riffs insufflent une dose de testostérone à chaque écoute, transformant le geek en Conan le Barbare instantanément. Outre Manowar lors de son époque faste, on retrouve également le meilleur de Warlord –les claviers, Cirith Ungol ou Manilla Road.
Fort de cette volonté de ne rien inventer mais de sublimer tout ce qui a déjà été créé par les prédécesseurs, la pochette de l’album a été réalisée par Ken Kelly, a qui nous devons notamment les illustrations de Destroyer (Kiss), Rising (Rainbow) et bien évidemment Kings of Metal (Manowar). L’artwork de Ravening Iron, c’est le kitsch qui rencontre l’art.
Comme si ce n’était pas suffisant, Jake Rogers de Visigoth s’invite sur Coward's Keep lors des chœurs. Cette intervention de luxe nous remémore qu’on aurait souhaité que l’aspect épique insufflé par les trop rares chœurs soit accentué.
Vous suffoquez ? Nous en avons encore dans le réservoir. Les quelques hésitations rencontrées par Jason Tarpey sur The Armor of Ire font partie du passé, le vocaliste s’affirme dorénavant encore davantage sans fausses notes. Pour enterrer les derniers clous de notre cercueil, Arthur Rizk n’officie pas seulement en tant qu’instrumentaliste mais utilise son expérience en tant que producteur (Crypt Sermon, Cavalera Conspiracy, Power Trip, Trapped Under Ice, Code Orange etc.) pour assurer un son irréprochable à Ravening Iron.
Assez parlé, pour les malheureux qui n’auraient pas encore découvert le deuxième album d’Eternal Champion, il est plus que temps de céder à la tentation.
Eternal Champion - Ravening Iron - Chronique - Epic heavy metal

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