Le mélange peut parfois dérouter, sans jamais manquer d'intérêt. Ce contraste demeure solidement ancré dans la lourdeur et la lenteur, un parti pris qui risque d'en perdre certain·es en chemin. Entre l'aspect oppressant de la musique et les passages davantage teintés de Post-Metal atmosphérique, certain·es auditeur·rices pourraient décrocher lorsque les vocalises deviennent plus caverneuses et mortifères.
Composé de cinq titres, White Mourning met également en lumière toute l'ambition du trio grâce au long morceau éponyme. Durant quatorze minutes, le groupe développe une montée en puissance riche en émotions, articulée autour d'une progression patiemment construite et particulièrement maîtrisée.
La production, équilibrée et organique, contribue largement à l'identité de l'album. Son rendu, presque trop propre par moments, contraste avec la dimension monolithique et souterraine de certaines compositions. En revanche, la batterie, dotée d'un son relativement sec, peine à renforcer l'effet de masse que le groupe cherche pourtant à rendre palpable. Un choix qui peut surprendre et qui laisse une impression partagée.
Malgré quelques réserves, PALEGAZER signe avec White Mourning un premier album convaincant et prometteur. Derrière ses imperfections se cache une identité déjà affirmée ainsi qu'un réel potentiel de développement. Une œuvre qui révèle un groupe encore en construction, mais dont les idées et la personnalité méritent assurément de retenir l'attention pour la suite.
Palegazer