Car cette longue gestation, marquée par quelques embuches rencontrées çà et là, a permis à Scarred de se développer encore davantage, et surtout d’évoluer. Nouveau line-up, et même nouveau son, Scarred s’éloignant encore du Death pour se rapprocher de que l’on appelle maintenant le Tech-Metal, soit l’ancienne scène Djent maintenant animée par des groupes comme lui qui ne recherchent pas nécessairement la démo technique singeant Meshuggah mais plutôt à mettre leurs compétences au service de morceaux soigneusement composés, appelant parfois plusieurs sous-genre du Metal à la suite, tout en s’affranchissant des seules références à Devin Townsend ou Gojira.
D’ailleurs, c’est même à un Satyricon très poli (dans tous les sens du terme) que l’on ne peut s’empêcher de penser à certaines occasions (A.D. Something, ou Nothing Instead par exemple). Est-ce une réflexion inconsciente liée au fait de savoir que Diogo a tenu la guitare live au côté de Satyr et Frost ? Difficile à dire, mais on peut en tout cas se réjouir de son association avec Vincent Wilquin (Fractal Universe) qui le remplaçait alors. Que ce soit pour nous envoyer groove et mélodie (In Silent Darkness, Petrichor) durcir le propos de temps à autre (Chupacabra) ou fabriquer un bel espace d’expression pour Yann au chant (Merry-Go-Round), le duo répond présent. Un travail global indéniable et un virage bien négocié même si le groupe gagnera la prochaine fois à se montrer encore davantage « focus » dans certaines compos et à choisir clairement où il veut emmener une chanson.
Frais, varié et moderne (Dance of the Giants), doté de vrais moments forts (AHAIA, Mirage), Scarred l’album montre l’indéniable progression de Scarred le groupe qui se dote, enfin, d’une vraie carte d’identité devant lui permettre de se faire un nom plus loin, plus fort.
Tech, Metal, Groove, Gojira, Satyricon, Devin Townsend

Scarred
Meshuggah
Devin Townsend
Gojira
Satyricon