Cet album reste cependant très axé sur la technique propre et bien connu du duo, comme un retour aux sources après de multiples collaborations.
L’occasion sûrement d’explorer de nouveaux sentiers, tout en restant sur la lignée sludge / noise qui ont forgé leur nom.
I’ve Seen All I Need to See (2021) commence par A Lament, qui introduit des samples de voix avant de poser une base instrumentale lourde. Le groupe joue alors sur un effet glitch, avec des « sauts » dans le morceau, comme si la musique coupait à des endroits. L’effet est bien placé, et j’ai presque été dupée. Nous retrouverons cet effet dans They Are Coming, le 6ème track de l’album qui est le morceau le plus agressif de l’opus, il y a un effet « souffle coupé » très immersif.
Tied up and Locked in, le deuxième morceau, est certainement le morceau le plus noise de l’album. Il me fait presque penser à un morceau de Zu. Nous retrouvons les distorsions et les feedbacks assassin.e.s que The Body aime exploiter, et qui seront présent.e.s tout le long de l’album, et plus particulièrement dans le morceau The Handle The Blade, l’avant dernier track.
Je marquerai mes coups de cœur pour Eschatological Imperative et A Pain of Knowing, certainement les morceaux qui font le plus penser à leurs premiers travaux. La balance des plages instrumentales et très bien gérée et les explosions vocales ont une force assez écrasante.
The City is Shelled, le cinquième morceau de l’album, est également à retenir. L’introduction est assez linéaire, et la batterie est assumée. Le rythme répétitif aux machines et à la guitare rend le morceau assez hypnotisant. Le morceau est très doom et très puissant. Ben Eberle prend le lead à la voix, ce qui ajoute une respiration, un relief global à l’album.
Path of Failure clôture l’album de manière très chaotique, voire dantesque. Nos oreilles sont immergées dans les nappes noise distordues et les voix nous invitent à plonger en enfer.
La batterie reste très tribale, et les lamentations vocales très reconnaissables semblent sortir de la Terre. Nous retrouvons The Bodydans toute sa puissance
C’est un bon retour aux sources pour le duo. Le groupe reste étonnamment productif et créatif. Actifs depuis plus de vingt ans, ils arrivent, en restant fidèle à leur ligne de conduite et à leur signature sonore, à explorer de nouvelles techniques. I’ve Seen All I Need to See (2021) est leur huitième album « solo » et le titre exprime bien la réalité ; ils ont exploré tout ce qu’ils avaient à exploré.
Ils offrent à leurs fans, une nouvelle raison de rester aux aguets, et de plonger dans leur univers sourd, criard et agonisant.
Merci.

The Body
Zu