En une dizaine d'années, la formation a évolué d'un style oscillant entre Doom et Sludge vers un registre plus techniquement pointu et jazzy. Family The Smiling Thrush semble être à l'apogée de ce que le groupe pouvait écrire de déstabilisant.
L'album veut proposer 7 titres énergiques et émotionnels qui combinent des accents psychés, des riffs qui mettent en avant les guitares et où les mélodies renforcent le style vocale de Alex Hurst.
Produit et masterisé entièrement par Chris Fielding (CONAN), cette version de BOSS KELOID est plutôt soporifique. N'en déplaise aux intellectuel.le.s de la musique, le groupe anglais concentre les ingrédients qui ont fini par desservir la scène Prog-Rock, une absence de spontanéité face à une surenchère alambiquée de structures ou d'effets. Du coups, pour le côté émotionnel, BOSS KELOID est de la revue car il donne l'impression d'écouter les explications techniques d'un grand chirurgien opérant.
Et malheureusement, la compression chère à Chris Fielding, appliquée à cet album déjà laborieux, finit par le rendre complètement insipide. Là où on espérait récupérer un peu de puissance gargantuesque, Family The Smiling Thrush nous sert une guitare usante de répétitions et sans relief. En poussant le volume de plusieurs graduations, on parvient à peine à donner un semblant de consistance sonore à ce disque que certains encensent pourtant.
Boss Keloid