Une longévité et un engagement que le groupe signe en introduction de Wise Old Man avec un extrait du discours prononcé par Severn Cullis-Suzuki, alors âgée de 12 ans, au sommet de la Terre des Nations Unies en 1992 à Rio De Janeiro. Un constat malheureusement encore trop similaire à ceux que Greta Thunberg tient aujourd'hui.
Si d'un côté, il est désolant de constater que rien n'a évolué pour l'avenir de la terre, il est, de l'autre, plutôt apprécié que PRIMAL AGE soit toujours autant capable d'envoyer des riffs bien typés et d'enchainer des breaks taillés pour réveiller un pit de damné.e.s !
Bien qu’intergénérationnel, le groupe peut compter sur l'expérience de ses plus anciens membres (Didier au chant et Dimitri à la basse) tout en se nourrissant du sang frais que peuvent apporter les plus jeunes pour sonder ce cross-over caractérisé.
Remettant au goût du jour le terme et le style Edge Metal, PRIMAL AGE réveille par la même occasion le fond et la forme. Des thématiques telles que la cause animale ou l'écologie sont récurrentes dans le propos du groupe, soulignant par la même occasion un militantisme que la scène perd parfois de vue.
Et pour le style, la formation qui rééditait il y a peu The Light To Purify, son premier EP sorti en 1995, démontre que ses capacités sont toujours intactes. Wise Old Man, Adolesdcent Humanity, Masked Enemy et Blinded By Cruelty sont des hits en puissance dans le moshpit !
Passion Vs Fashion est ma préférée même si, une nouvelle fois, cette composition tend à démontrer qu'en 30 ans, certains attitudes n'ont pas évoluées.
Si à plusieurs égards, cet album aurait pu faire un malheur il y a 25 ans, Masked Enemy n'est pas pour autant un album daté. Le style est resté d'actualité et en s'appuyant sur les influences de chacun, PRIMAL AGE apporte des influences nouvelles et tentent avec succès, d'amener du souffle. Le groupe évite le piège du stéréotype tout en respectant les codes et se permet quelques petits écarts maitrisés mais bien venus. Who Dares Wins emprunte sa première moitié au Thrash Metal. Et les interludes sont aussi l'occasion de se distraire comme sur le nirvanesque unplugged The Downside Of Progress.
Il ne reste plus qu'à défendre Masked Enemy sur scène. La situation sanitaire s'améliorant, on entrevoit même l'espoir de pouvoir l'acclamer dignement dans la fosse prochainement car il sera difficile de rester à distance, assis sur une scène quand PRIMAL AGE jouera ce disque devant nous.

Primal Age