Distant populations going nowhere
So far away from us, you wouldn't know where
Opposite of you, opposite of me
Generations leveled and taken by the sea
Revenu brillamment en 2017 sous forme de trio (Walter Schreifels, Alan Cage et Sergio Vega) avec un troisième album, Interiors, Quicksand marquait alors une approche ayant considérablement changé au cours des trois dernières décennies: toujours musclée et intense, mais se permettant une harmonisation marquée par des refrains audacieux, plus progressive dans la composition. Distant Populations poursuit cette renaissance, mais parée de contours plus simples, collant remarquablement à son approche directe de l'écriture de chansons. Dépassant rarement trois minutes, comme si le trio avait atteint la capacité de rassembler la diversité de ses éléments sonores dans un temps court, les onze titres retentissent chacun à leur place dans ce nouvel ensemble plus cohérent que jamais. Si bien qu'une fois écoulés, succombant à la tentation d'y revenir pour une nouvelle gorgée, on ose affirmer définitivement que non, Quicksand ne s'est pas adoucit, mais n'a fait que s'améliorer comme un bon vin en vieillissant. Ou trente-trois minutes de rock implacable.
Comme son prédécesseur, Distant Polulations est produit par Will Yip (Nothing, Code Orange, Circa Survive, Caspian, La Dispute, Turnstile...) avec des chansons mixées par Josh Wilbur pour une résultante sonore de premier ordre, dynamique et lyrique. On y retrouve évidemment les riffs bruts, le chant mélodique et l'écriture réfléchie qui forment le style polyvalent du groupe. ''Inversion'' lance l'album sur le martèlement et le ton croustillant typique d'un Quicksand qui distille quelques notes menaçantes et ses courbes de guitare hurlantes. La suite augmente le tempo avec ''Lightning Field'', alors que plus loin ''Missile Command'', avec ses ondulations de basse créant la tension, marque cette identité sonore dans son temps. ''Colossus'' arrive à exprimer un certain poids avec son tempo élagué, revêtu d'un refrain étonnamment rêveur. ''Brushed'' confirme cet entrain plus aérien et fait songer à une rencontre entre The Cure et Jawbox. Cette dichotomie reste présente tout le long du disque et crée un amalgame sonore supplémentaire au groove que l'on connaît du groupe. ''Phase 90'', avec ses cadences progressives et ses harmonies contemplatives, nous invite à persévérer en se laissant porter par le voyage. Tandis que ''Katakana'' installe une espèce de dub post-hardcore pour ajouter au groupe ce côté plus aventureux, confirmé par l'avant-dernier titre ''EMDR''.
À travers cet album accessible et raffiné qui puise dans un large éventail d'influences et une diversité de sons allant du crunchy au mélodique, sans pour autant redéfinir ce qu'est le post-hardcore, Quicksand propose une exploration cohérente de son existence qui nous rappelle sa place. Celle d'un groupe majeur qui, à son plus fort ou en délicatesse, a toujours quelque chose à dire en 2021.

Quicksand