Chronique


Trouble The Water

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12 titres
Sorti le 28-10-2022


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Vendredi 11 novembre 2022

Vendredi 11 novembre 2022

Émergeant des rues de Manhattan, le trio hardcore punk composé de Julian Pratt, Harlan Steed et Jackie ‘Jackieboy’ délivre un troisième album viscéral, honnête et explosif, en conformité avec leurs idéaux révolutionnaires et leur haine du statu quo par rapport aux réalités sociales qui déchirent leur pays.

Show Me The Body
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débarque comme un boulet de canon sur la scène du hardcore punk new-yorkais en 2016 avec Body War, réinventant à nouvelle fois un genre en perdition, à coups de banjo (oui, vous avez bien lu) et de basse à distorsion. Le groupe construit rapidement sa réputation au travers de leurs performances DIY et électrisantes, une énergie palpable suintant de la colère d’une jeunesse défavorisée au sein d’une ville qui évolue de façon effrénée.

La sortie de Dog Whistle en 2019 confirme leurs débuts impétueux et leur attire une attention notoire. Bien décidé à détruire les frontières des attentes placées sur eux, le groupe est freiné dans son ascension par la pandémie, particulièrement dans la construction de la communauté autour de leurs shows redoutables. Mais ce n’est que partie remise. Quelques EP plus tard, mené par un J. Pratt aboyant chaque parole et se mêlant au mosh pit à chaque concert, Show Me The Body
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sort cet automne le très attendu Trouble The Water, incontestablement leur meilleur album à ce jour.

Difficile de sortir indemne après l’écoute de ce troisième opus, qui fait bouillonner le sang et donne envie de tout brûler. Quoi que fonctionnant selon le même cocktail détonant que Dog Whistle, envolées de banjo électrique et textes grinçants, Trouble The Water expérimente avec de nouvelles sonorités, notamment sur le synthé-tisé Radiator et l’introduction électronique sur Demeanor. Lyricalement, la gentrification, l’homogénéisation et l’oppression d’une communauté de new-yorkais natifs perdus dans l’embourgeoisement restent les thèmes majeurs, le tout baignant dans une atmosphère assez nihiliste.

La plus grosse surprise de cet album est probablement sur Out Of Place, où on y découvre une nouvelle facette mélancolique du groupe, sans pour autant perdre en singularité. Le trio réaffirme son identité sonore unique avec les puissants Food From Plate, We Came To Play et Buck 50. Ensuite vient le slow burner WW4, rappelant leur succès acclamé Arcanum, dont le breakdown vous atterri comme un coup de poing dans la tempe. Le disque d’une durée de 38 minutes (leur plus long à ce jour) se conclu sur l’éponyme Trouble The Water ne laissant absolument aucun doute sur l’authenticité et les intentions du groupe.

Abrasif, versatile et intransigeant, Trouble The Water constitue l’effort le plus abouti de Show Me The Body
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et solidifie fermement sa place comme pilier d’une nouvelle génération de hardcore protéiforme.

Dans les mots de J. Pratt sur Loose Talk, « I don’t regret violence, but I try to remember the plan ».

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