Progressivement, le style a évolué vers de nouvelles sonorités plus froides dont on pourrait dire que Privation en est l'apogée. Cette version industrielle dissoute à l'ambiance acide prend ici une tournure gargantuesque.
Le quatrième album de FANGE possède avant tout une qualité de production qui sert le propos comme jamais. Le style angoissant et malsain de FANGE atteint sur Privation un niveau que le groupe n'a jamais égalé. Ce paroxysme conséquent de la collaboration de Cyrille Gachet et d'Alan Douches transcende l'esprit torturé mentalement qui anime le groupe.
Le regain récent des influences Cold-Wave qui fleurissent ici et là dans la scène Metal tombe également à point pour porter FANGE vers les sommets. Pour preuve de cet air du temps, les participations, tout sauf anodines, de Cédric Toufouti de HANGMAN'S CHAIR et de Cindy Sanchez de LISIEUX qui renvoie la pareil puisque Matthias Jungbluth, chanteur de FANGE et accessoirement patron de Throatruiner Records faisait une apparition sur Abide !.
Clairement, avec Privation, FANGE est monté en puissance. Toujours construit autour d'un mur du son, les ambiances sont plus développées, profitant de cette production plus fine. Mais la rage n'est pas dénaturée. Face à tant de puissance, le groupe nuance malgré tout sa désolation. Y compris dans les interprétations vocales qui partent dans toutes les directions avec une omniprésence impressionnante.
A n'en pas douter, FANGE va se hisser au rang d'incontournable de l'underground. Porté également par ses textes en français, il prouve que la langue de Molière possède aussi sa place au sein des musiques lourdes et dures. FANGE devrait devenir la référence bilieuse de l'hexagone qu'on aimerait voir monter en puissance par chez nous également.

Fange