Par conséquent, apprendre que Mich Decruyenaere, le guitariste chanteur de HITCH reprenait du service fut une très bonne nouvelle. Il avait déjà saisi les armes au milieu des années 2010, en compagnie de membres ou d’anciens membres de WIEGEDOOD, BLIND TO FAITH, RISE AND FALL et OATHBREAKER mais avec Edward Godby (BEECHER, CASTLES) sous le nom de SUPERGENIUS.
Toutefois, l’annonce de l’arrivée de ce nouveau projet, VAAG, avait ce quelque chose de plus, qui présageait de quoi s’enthousiasmer particulièrement.
Une nouvelle fois composé de membres qui font saliver (VVOVNDS, HESSIAN, HAEMERS et donc HITCH et SUPERGENIUS), VAAG a affiché une esthétique visuelle, avant de balancer le moindre son, qui rappelle un temps que la génération numérique n’a pas bien connue et qui sent bon le DIY underground.
Cette communication est rondement menée. On comprend qu’un retour à certaines sources se préparent (et on a faim) mais aussi que VAAG n’a pas l’intention de concéder quoique ce soit dans son projet.
Il faut dire qu’avec le background de ces 4 amis originaires de Kortrijk et Ghent, on peut s’attendre à quelques choses de costaud.
Et enfin quand en novembre de l’année dernière, tombe le premier single (Paniek!), également plage titulaire du EP qui arrive, le suspens fait place à l’extase. Si on se doutait qu’avec le pedigree Punk/Hard-Core de ses membres, VAAG allait nous en mettre plein les oreilles, il était difficile de savoir à quoi s’attendre précisément.
Déjà édité en K7 via ICOULDVEBEENAKILLER en janvier de cette année, le EP, destiné dès le départ dans une version vinyle, arrive enfin dans les bacs (incessamment sous peu même si aucune date n’est encore précisée) via le projet de label à l’attention d’artistes émergeant… d’une boite de fringues.
VAAG propose donc 4 titres (+ 1 extra à venir sur la version vinyle mais non disponible dans la promo) de Post-Punk particulièrement influencés par la scène des années 80 et No-Wave. C’est nerveux, froid et frontal. On retrouve le son et le jeu de guitares typés de Mich qui rappellent un peu HITCH. Juste ce qu’il faut pour souligner une filiation pour les plus ancien.ne.s d’entre nous.
La basse de Simon Pertz se montre tantôt rude et rèche tantôt plus ronde. De quoi souligner autant son ADN issu de la scène plus crasse que son affection pour la culture Punk anglaise. D’ailleurs le chant de Bram Coussement possède ces inflexions bien british.
Rythmiquement, les compositions de VAAG sont sans compromis. Le contenu du EP est tendu du début à la fin et donne envie de s’y replonger inlassablement. Cette vitalité qui se dégage des rythmes balancés par Pieter Blancke offre une forme brute qui entraine l’ensemble de VAAG dans cette énergie dévastatrice et pourtant si positive.
VAAG n’est pas à destination des nostalgiques ni un assemblage simple de l’héritage de ses membres. Bien évidemment (et heureusement), les 4 comparses s’appuient sur leurs antécédents d’artiste mais pour former un tout bien neuf. Il est vrai que les 80’s connaissent un certain regain d’intérêt depuis quelques temps. C’est un principe cyclique bien connu du monde de la mode. Le timing est donc parfait pour VAAG. Mais l’authenticité qui se dégage de l’intention du groupe ne trompe pas. Il aurait sonné ainsi n’importe quand. Ce qui le rend actuel avec ses bases si identifiables.

Hitch




Beecher




