Avec DOODSESKADER, on évolue dans un registre inclassable, puisant aussi bien dans le hip-hop que dans l’indus ou le doom. Sur ce nouvel album, le duo élargit encore son spectre en allant chercher son inspiration du côté de l’électro techno.
Cette régurgitation à la sauce DOODSESKADER prend alors l’allure d’un dancefloor pour schizophrènes psychopathes. Le délire des deux comparses oscille entre une brutalité sonore et verbale assumée et des moments plus introspectifs. Tandis que le style nous entraîne dans des bas-fonds peu engageants, la production de The Change Is Me se distingue par une netteté déstabilisante. DOODSESKADER insiste sur le contraste : ici, une production accessible s’oppose à une ambiance profondément anxiogène.
L’expression crue du projet semble sans filtre, à l’image de son évolution qui paraît sans limite. La personnalité de DOODSESKADER est forte, affirmée, et le résultat ne laisse pas indifférent. Avec The Change Is Me, le duo franchit manifestement un palier supplémentaire.
Cet aboutissement se manifeste également dans leur capacité à développer un son massif à seulement deux musiciens. Un mur sonore imposant, renforcé et sublimé par une production d’une précision irréprochable, propre et tranchante.

Doodseskader