Chronique

YOTH IRIA
Gone With The Devil

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Metal Blade Records

Sorti le 08-05-2026


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Mardi 2 juin 2026

As The Flame Withers n'était pas simplement un premier album, c’était une invocation. Une vrille dans l’obscurité où YOTH IRIA
YOTH IRIA


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ressuscitait l’essence la plus pure du Black Metal hellénique, celle qui ne se contente pas de brûler mais qui consume, lentement, inexorablement. Paru en 2021 chez Pagan Records , l’œuvre s’était imposée comme une évidence noire, un monolithe dressé dans les eaux bleues de la Méditerranée.

Ici, nul blizzard scandinave ni rafales hystériques. Le tempo est celui d’une procession nocturne, lourde et solennelle. Les guitares tracent des lignes mélodiques comme des incantations anciennes, chargées d’un souffle épique et d’une mélancolie rituelle. Le Black Metal grec n’attaque pas frontalement, il enserre, il envoûte, il infiltre. Il est moins une agression qu’une possession.



L’ombre de ROTTING CHRIST
ROTTING CHRIST


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plane, immense et indélébile. Impossible d’y échapper et inutile de le nier. YOTH IRIA
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en est une excroissance spirituelle, une rémanence du feu originel. Jim Mutilator, vestige vivant des années 90, n’invoque pas ici le passé, il le prolonge, il le transforme en une entité autonome. YOTH IRIA
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n’est pas nostalgie. C’est une continuité.

Le démon YOTH IRIA
YOTH IRIA


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lui-même, né en 1993 sur Thy Mighty Contract, réapparaît comme une figure totémique, un spectre réactivé par la volonté de prolonger un culte entamé il y a plus de trois décennies. Rien n’est accidentel. Tout relève du rituel.

Dans cette œuvre, le Black Metal n’est pas un cadre, c’est une matière vivante, malléable, libérée de toute orthodoxie. Jim Mutilator compose comme on érige un temple. C’est-à-dire sans règles imposées, guidé uniquement par l’instinct et une forme de fatalité culturelle. Car la Grèce, terre de mythes et de tragédies, transpire ici dans chaque note. Cette musique porte en elle le poids des ruines, des dieux oubliés et des symboles ensevelis.



Le troisième acte de YOTH IRIA
YOTH IRIA


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approfondit encore cette plongée. Le groupe creuse ses racines méditerranéennes, intégrant le folklore comme une mémoire ancestrale plutôt qu’un simple ornement. À l’image de PRIMORDIAL
PRIMORDIAL


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avec ses lamentations celtiques, YOTH IRIA
YOTH IRIA


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convoque une identité profonde, viscérale, où la musique devient vecteur d’une mémoire collective obscure et païenne.

Mais sous cette épaisseur rituelle, des structures plus classiques émergent, presque trompeuses. Des harmonies se superposent, captivent et attirent avant de révéler une architecture autrement plus labyrinthique. L’accessibilité n’est qu’un leurre derrière lequel se cache une œuvre stratifiée, bâtie sur des oppositions fondamentales. Lumière et ténèbres. Tradition et modernité. Consonance et fracture.

Et dans cet équilibre instable, le groupe parvient à capturer quelque chose de rare, un Black Metal qui ne cherche ni à choquer, ni à accélérer mais à transcender.
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