Interview

NEMODE

Tragic Pink, c'est une évolution, on a grandi, on voulait sortir de certaines émotions.


Jeudi 21 mai 2026



Nemode, c'est un duo bruxellois qui oscille entre le metalcore, l'hyperpop et de rock alternatif. Un mélange moderne qu'il nous raconte dans cette interview.

Comment est né votre projet Nemode
Nemode


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?


Furyo (chant, guitare) : Nemode, c'est un projet qui existe depuis trois ans sous sa forme actuelle. Nina et moi on s'est rencontrés il y a presque 10 ans, quand on étais ados, via un blog de musiciencs un peu random. On voulait tous les deux monter un groupe et on avait du mal à trouver des musiciens. On pensait trouver des gens intéressants... Mais à part nous-même, on a pas trouvé grande monde ! (rires) On a quand même réussi à formé des groupes de covers, de Green Day
Green Day


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, de Ghost
Ghost


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... mais ça n'a jamais vraiment abouti. Les autres membres n'étaient pas aussi investis que Nina et moi. On a alors réfléchi à Nemode, apparu en 2020. On a commencé le groupe avec deux amis qui sont partis rapidement. On jouait du Indie Rock à l'époque. Les compos partaient dans tous les sens. On a un peu lâché le truc, puis en 2023 on a décidé de reprendre tout à zéro. Nemode sous sa forme actuelle est donc né : un duo ''metal alternatif'', je ne sais pas très bien comment le définir. On mélange du metal avec de la musique électronique. On voulait une direction artistique plus pointue, qui part moins dans tous les sens. Nina joue de la batterie et chante, tandis que moi je suis guitariste, et je chante aussi. On s'accompagne de bandes électroniques en même temps.

Vous venez de sortir un EP, Tragic Pink. Mais avant lui, il y avait Fix. Pouvez-vous revenir sur sa genèse ?

Furyo :
Ca date de 2024. C'est un EP qui rassemble cinq compositions, les premières qui ont redéfini la direction du groupe. C'était très metalcore. C'était un projet assez sombre, qui parlait beaucoup de santé mentale. On était à des moments compliqués de nos vies. Tragic Pink est plus lumineux. On l'a sorti une première fois en auto-production, en 2024, puis il est ressorti en janvier 2025 avec la participation de Matthieu Leclercq, qui s'occupe notamment de Ice Sealed Eyes
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. C'est un producteur vraiment pro, qui a bien compris le son qu'on voulait obtenir. On voulait vraiment quelqu'un de très professionnel sur le projet.

Quel cheminement vous a mené vers Tragic Pink, que vous dites plus lumineux ?

Nina :
On avait envie pour le projet suivant de prendre un angle différent, avec un point de vue plus léger dans la musique et le visuel. On voulait plus de contraste, moins de premier degré. C'est une évolution, on a grandi, on voulait sortir de certaines émotions.


Comment se passe le processus d'écriture entre vous deux ?

Furyo :
Pour les paroles, on écrit tout à deux. On compose tout à deux aussi. La production, c'est moi, mais toutes les idées sont prises en commun. Parfois, l'un prend le lead puis l'autre s'ajoute au fur et à mesure.

Au niveau des influences, vous évoquez souvent l'hyperpop en plus du metalcore. C'est très moderne ! D'où tirez-vous cette inspiration ?

Nina :
Ce sont des influences qu'on avait déjà dans le premier EP mais qu'on assumait peut-être un peu moins. On l'assume bien plus sur Tragic Pink. On s'inspire beaucoup de grands groupes de metal moderne comme Bring Me The Horizon
Bring Me The Horizon


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, Bad Omens
Bad Omens


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... qui apportent pas mal d'éléments électroniques.

Furyo : Moi, je suis très inspiré par des artistes de la nouvelle vague hyperpop, comme Gunnr, Brakence
Brakence


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... des artistes qui viennent d'une ère ''post soundcloud''. Ils poussent les limites encore plus loin en termes d'expérimentation encore plus loin qu'à l'époque, jusqu'en 2020. Moi ça me plait, ça m'inspire de combiner ça avec des influences un peu plus hard du metalcore. Un des artistes qui nous a le plus inspiré dernièrement c'est 2hollis
2hollis


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.

Nina : Ca matche bien de mixer les deux. L'hyperpop, c'est très énervé en soi : tout un peu plus fort, plus intense. Ca se mêle bien avec des musiques plus extrêmes. Moi de mon côté, c'est Théa
Théa


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, dans la sphére francophone, qui m'inspire le plus.

En Belgique, peu de groupes se dirigent vers ce type de son.

Furyo :
C'est vrai que ça nous différencie fort dans le paysage. On travaille dur sur cette identité là. C'est un des facteurs qui nous a voulu de remporter le concours Sound Track (organisé par VI.BE, NDLR), un concours néerlandophone avec trois artistes de Flandre, de Wallonie et de Bruxelles. C'était difficile d'émerger dans la scène metal. On avait du mal à se faire une place : on était trop soft pour la scène metal et trop hard pour l'hyperpop. Aujourd'hui, je pense qu'on a su combiner les deux comme il se devait.



Photo par Chloé Merckx

C'est le cas avec Tragic Pink du coup, que vous avez défendu récemment à l'AB Club.

Nina :
On a eu la chance d'ouvrir pour Doodseskader
Doodseskader


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, un groupe néerlandophone. Aussi un duo, qui mélange du hip-hop, du rap, de l'electro, du scream... On était ravis. Et comme ça tombait dans la semaine de la release, le 6 mai, on en a profité pour le vendre sur scène.

Une date super importante donc. Est-ce-qu'il y en a d'autres de prévues ?

Furyo :
On a une date à Bruges en juin, le 12, et fin août au festival Doerak à Malines. On reviendra ensuite en force à Bruxelles je pense, pour fêter ça en plus petit comité.

Votre objectif pour le moment, c'est de faire le plus de date possible ?

Nina :
On a envie de défendre l'EP sur scène, donc oui, clairement. On aimerait quitter la Belgique un peu, explorer la France, les Pays-Bas... Où ces scènes fonctionnent bien. Puis, on recommencera à écrire. Ca fait longtemps qu'on est sur Tragic Pink, on veut déjà créer du nouveau.

Vous parlez de voyager... C'est une question qui revient souvent, mais c'est difficile de trouver des dates en Belgique pour les scènes alternatives. C'est mieux à l'étranger ?

Furyo :
Au début, on a eu vraiment du mal à trouver ''comment se montrer''. A Bruxelles, y avait plus beaucoup d'activités du genre. Ce qui nous a permis de rester actif, c'est la Flandre. On a joué partout. Pour nous, l'idée cette année, c'était de sortir de Bruxelles du coup et d'aller vers une région un peu plus enthousiaste.

Nina : On s'est formés un réseau en Flandre, et ça devient dur de trouver des dates en Wallonie aussi, du coup. Si on n'organise pas les événements nous-mêmes, c'est compliqué... C'est pas super rentable du coup, mais ça fait de l'expérience en termes d'organisation.

Cette question soulève aussi celle de la communication. Vous êtes quand même très actifs sur les réseaux, ce qui manque parfois à certains groupes qui ne savent pas comment s'y prendre. Comment vous faites, vous ?

Furyo :
C'est pas facile du tout parce qu'on est tous les deux des introvertis. Ca nous est pas hyper naturel de poser devant la caméra. Alors, on planifie des moments dédiés au tournage de contenus et on le monte nous-même. Sinon, on essaie aussi de se faire aider avec la création. On a une photographe qui nous suit en concert, on a des amis qui immortalisent nos concerts en vidéo... On y pense beaucoup, on sait qu'on est à l'ère digitale, si on document pas ce qu'on fait c'est comme si ça n'existait pas.

Nina : C'est difficile de s'improviser créateur de contenus, avec tous les codes des réseaux, les trends etc. Si on essaie d'en faire trop, on va vite se sentir largués. Ca va tellement vite, on aimerait rester dnas la tendance mais c'est pas possible. On essaie surtout d'être honnêtes avec nous-même et de centrer ça autour de la musique qu'on fait et pas de s'improviser influenceurs.

J'ai une dernière question, en lien avec tout ça. En tant que groupe, qu'est-ce-qui fait la différence par rapport aux autres ? Comment vous vendre ?

Furyo :
Nemode, c'est un ovni. On est que deux, on n'a pas de bassiste par exemple. On a un son un peu différent, comparé à un groupe avec une formation classique. On doit pas trop essayer d'être authentique finalement : on est déjà assez uniques. Puis, il faut trouver la balance entre montrer de nous-même et garder une direction artistique claire.

Nina : Pourquoi Nemode ? Parce qu'on parle de sujets qui touchent du monde, en essayant de rester vrais : ce sont des expériences vécues, c'est important, mais ça doit atteindre les gens. On est assez atypiques sans êtes complètement différents.

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