Le deuxième album des Anglais·es de TROY THE BAND aurait donc très bien pu ne jamais voir le jour. Alors que les parties instrumentales sont déjà enregistrées, le chanteur Craig Newman quitte le groupe. En attendant de trouver un·e nouveau·elle vocaliste, TROY THE BAND fait appel à la solidarité de la scène londonienne et invite différents·es interprètes à poser leur voix sur les compositions.
Ainsi, sur ce successeur de Cataclysm, on retrouve Peter Holland (ELEPHANT TREE), Soozi Chameleone (DEAD WITCHES), Kay Elizabeth (BLACK ORCHIDS), Caine Hemmingway (BELIEVE IN NOTHING), Jake Packham (BLACK GROOVE) et Ana-Maria Terr Bordei (CODEX SERAFINI), qui finit par devenir la nouvelle chanteuse officielle du groupe.
L’album oscille entre des murs de guitares denses et des passages plus fluides, quelque part entre Heavy et Noise. Évidemment, la diversité des voix et des approches vocales apporte une dynamique particulière et permet de multiples incursions stylistiques.
La cohérence reste présente, même si elle revêt ici une forme assez singulière. Ces contrastes font avancer TROY THE BAND, sinon de manière masquée, du moins de façon surprenante.
À la première écoute de (des), on se retrouve souvent déstabilisé·e, mais on apprécie rapidement cet inconfort. Cet album conservera sans doute une place à part dans la discographie du groupe. Le suivant, dont le chant sera entièrement confié à sa nouvelle chanteuse, devrait se révéler plus formaté. On pourrait presque le regretter, mais il est préférable de laisser d’abord sa chance à Ana-Maria Terr Bordei qui, à en juger par Adoration Of Ill Luck, pourrait se montrer plus que convaincante.
Troy The Band