Si je rate le début du set de Cosmogon et peine à rentrer dans leur concert un peu déstructuré, je m’accroche et la suite des événements me donne raison : la suite du set des Luxembourgeois se veut en effet plus convaincante, notamment lorsque leur musique s’emballe joliment. Le groupe essaie tant bien que mal de faire décoller l’ambiance d’une Kufa timidement remplie et un peu amorphe, mais y parvient presque sur un final assez enlevé.
A peine le temps de se féliciter de retrouver les concerts et de parler des événements à venir que c’est déjà au tour des Anglais de Conjurer, dont on vient de découvrir le nouveau single (It Dwells) le jour même. Leur son est fort, clair, et la première compo prend directement aux trippes. Quel dommage, alors, de voir le premier tiers de ce set qui démarrait si bien se perdre ensuite dans de longs plans déstructurés et bien répétitifs ! C’est que Conjurer a des tonnes d’arguments à faire valoir, entre un bassiste doux dingue (qui finira même le concert dans la fosse) et un chant double qui peut apporter une certaine variété à une musique qui en a parfois besoin. Mais passé cette entame délicate, la suite n’est que plaisir, entre fulgurances et moments plus posés. Joliment éclairé, Conjurer dégage une impression de puissance tranquille qui finit par fasciner assez, et a manifestement convaincu de nombreux nouveaux fans ce soir. A revoir !
Quiconque a déjà vu Celeste par le passé connaît le gimmick phare de la bande, à base de fumi à outrance d’où émerge le groupe doté de ses fameuses loupiotes frontales rouges. Le début du concert nous ferait presque croire que cet artifice relève du passé avant que les Celeste n’y reviennent évidemment dès le deuxième morceau : la fumée se fera en fait de plus en plus dense à mesure que le concert passe. Mais le plus important est ailleurs : piochant allégrement dans son nouvel album, Celeste délivre un concert assez excellent, précis, prenant, à la limite du planant et donnant beaucoup moins cette impression « de se trainer » que cela ne pouvait être le cas par le passé. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas et s’est rapproché de la scène après quelques minutes…. Pour ne plus lâcher le groupe des yeux avant un rappel, peut-être un peu factice mais qui a le bon goût de prolonger ce relatif état de grâce pour quelques minutes encore. Une belle réussite qui n’aurait mérité qu’un peu plus de public encore !

Celeste
Conjurer
Cosmogon