Un programme qui s’annonce bien chargé, ce qui nous amène à arriver relativement tôt boulevard du Rock’n’Roll, puisqu’il est prévu que le show démarre à 18h30 précises. Et c’est effectivement à l’heure dite qu’Orbit Culture entre en scène. De manière un peu surprenante, le groupe est souvent labellisé sous l’étiquette Death mélo, comme le sont les deux têtes d’affiche de la soirée, mais force est de constater que l’on est bien loin de la scène de Göteborg en ce qui concerne ce jeune combo. Même si leur Metal navigue aisément entre mélodies pures (cf les refrains en chant clair) et passages plus plombés (quelques breakdowns et ces gros vocaux à la limite du Deathcore), il est indéniable qu’Orbit Culture pioche ses ingrédients dans un panel d’influences plus vaste. Souhaitant donc manifestement donner un bon aperçu de ce savoir-faire aux nombreux spectateurs ne les connaissant pas encore, Orbit Culture construit un set piochant dans l’ensemble de sa discographie (grosse modo leurs 3 albums et le dernier EP en date, Shaman, d’où sont tirés 2 extraits) et dévoile ainsi d’excellentes dispositions pour le live. Le rendu sonore s’avère en effet de très bonne facture, et seul le chant clair laisse entrevoir une marge de progression. Voilà un concert fort convainquant de la part d’un groupe par ailleurs for sympathique qui se rendra par la suite très disponible au merch…
Bonne idée que d’avoir prédisposé les deux batteries côte à côte pour accélérer les changements de plateau… Imminence ne tarde ainsi guère à monter sur scène, devant une foule qui commence à bien remplir le club de la Rockhal (on y reviendra). On reste donc en Suède mais en poussant cette fois le curseur mélodique encore davantage, Imminence penchant vers un Metalcore / Post-Hardcore assumé. Si sur album les compos du groupe n’inventent rien mais restent convaincantes, inspirant tour à tour mélancolie ou puissance, le résultat live s’avère quant à lui beaucoup plus discutable, principalement en raison d’un son assez brouillon dans l’ensemble. Probablement desservi par un mauvais mix mettant trop en avant le duo basse/batterie au détriment des guitares, ce concert peine à générer un intérêt au-delà des quelques fans déjà convaincus, si bien que je finis par renoncer. Dommage, les mélodies studio prometteuses et la touche d’originalité apportée par le violon laissaient entrevoir un potentiel…
Attaquons maintenant les choses sérieuses avec les patrons d’At The Gates, dont c’est déjà le troisième concert ici même à la Rockhal depuis 2015. Autant le dire tout de suite, j’éprouve toujours une certaine difficulté à rester objectif avec ce groupe qui reste l’un de mes favoris de tous les temps et que j’ai toujours grand plaisir à retrouver sur album ou sur les planches depuis la reformation de 2010. Qui plus est, cette tournée est l’occasion de célébrer le retour d’Anders Björler (guitare) au bercail après l’éviction de Jonas Stålhammar (suite à de sombres histoires). Est-ce donc son retour qui a influencé la setlist à ce point ? En effet, si At The Gates jouit d’un temps de jeu plus que correct qui lui permet d’interpréter une dizaine de morceaux, quelle déception de n’avoir droit qu’à un seul extrait de The Nightmare of Being ! Ce dernier album date s’avérant très réussi et bien meilleur que son prédécesseur (To Drink From The Night Itself) qui n’a droit aussi, mais c’est plus compréhensible pour le coup, qu’à un seul morceau d’ailleurs (l’éponyme). Alors évidemment, c’est le classique parmi les classiques Slaughter of The Soul qui se taille la part du lion avec les indémodables Blinded By Fear, Cold, Under a Serpent Sun et bien entendu le morceau titre. Un répertoire qui fait toujours frétiller le fan et qui recueille évidemment le plus de succès dans l’audience, et par ailleurs bien complété par les extraits de l’excellent At War With Reality. Cet album paru en 2014 marquait le retour discographique des Suédois et c’est avec un certain plaisir que l’on en retrouve le titre éponyme (encore une fois) ainsi que les très bons Death and the Labyrinth, Heroes and Tombs, et The Night Eternal (en jolie clôture). Un bon concert dans l’ensemble mais pas exempt de tout reproche, notamment les quelques pains entendus ici ou là à la guitare, ou ces intermèdes assez peu utiles dans un contexte de groupe d’ouverture. Reste que l’accueil du public et les quelques ovations en fin de concert touchent manifestement la bande à Tompa qui prendra quelques minutes pour nous saluer avant de quitter la scène…
In Flames a-t-il perdu en notoriété ? Les fans old school ayant conspué Siren Charms et surtout Battles nous diront probablement que oui, mais la surprise est en effet de mise lorsque l’on se rappelle qu’en 2017 (certes en compagnie de Five Fingers Death Punch) et 2014 (avec Wovenwar) In Flames se produisait dans la grande salle de la Rockhal. Cette année, l’ambiance sera donc plus intimiste puisque c’est le petit Club qui accueille ce concert. Et c’est tant mieux ! Alors que s’ouvre finalement la mezzanine de la salle, In Flames fait en effet son entrée sur scène dans une chaude ambiance qui fait plaisir à entendre et qui redescendra peu durant la septantaine de minutes qui va suivre. C’est que ce concert démarre sur les chapeaux de roue avec le tout frais The Great Deceiver qui nous dévoile déjà le son très « metal » qu’In Flames s’est décidé à arborer à nouveau, et qui laisse ensuite place à un Pinball Map des familles. Quel pied! A ce stade du concert, une seule crainte émerge : Anders se cantonne au chant saturé, laissant les parties en chant clair à son public. Heureusement, ceci ne va pas durer…
Marquant une pause, Anders laisse passer les « In Flames ! In Flames ! » de rigueur avant de se lancer dans un petit laïus empreint d‘humour, non sans souligner la joie d’être reparti en tournée. C’est alors qu’il nous promet malicieusement une setlist « awesome » qui devrait même nous faire voyager à travers les âges d’In Flames. Chose promise chose due ! C’est en effet un imparable enchainement Behind Space / Graveland / The Hive / Scorn (excusez du peu !!) qui nous attend maintenant, soit du pain béni pour tous les fans old school qui avaient à un moment désespéré de voir leur groupe fétiche emprunter des voies alternatives (ou commerciales c’est selon) sur leurs albums récent. Difficile de dire si l’électrochoc fut amené par les changements de lineup (les plus distraits auront même oublié que Chris Broderick fait maintenant partie du groupe !) ou l’émergence de The Halo Effect cette année, mais force est de constater que le changement a du bon !
Revigoré, In Flames est lancé et nous sert ensuite un concert dynamique comme on en a plus eu de leur part depuis des années et des années. Inutile de dire alors que les Only for The Weak et autres Leeches continuent à soulever l’enthousiasme d’un public qui fait redoubler les slams commes les singalongs. C’est finalement Anders qui résume bien la situation en déclarant que nous vivons tous un « super lundi » avant de nous parler de l’album à venir l’année prochaine (« je l’ai déjà écouté, il est bien ») dont sont extraits maintenant Foregone et State of Slow Decay, deux chansons qui fonctionnent déjà à merveille, et ce même en intercalant le plus lent Wallflower (qui fait à peine retomber l’ambiance).
Un concert qui passe donc à une vitesse supersonique et qui se conclut (déjà) par un duo issu du sous-estimé Sense of Purpose (excellents Alias / The Mirror’s Truth) auquel succède I Am Above, très repris par le public, puis enfin l’inévitable Take This Life. Non sans une salve de remerciements des Suédois envers leurs compatriotes de tournée...
Vraiment, quel plaisir de retrouver un tel In Flames, assumant son passé tout en se tournant vers l’avenir, et véritablement au top de sa forme !
Remerciements à la Rockhal



