Qu'à cela ne tienne, la fête a tout de même eu lieu devant un public en quête de découvertes, notamment belges puisque pas moins de six groupes sur dix provenaient du plat pays. C'est avec Down To Insanity que les hostilités ont d'ailleurs pu commencer. Malgré une assemblée éparse et timide dans le Museum (il était trop tôt, sans doute), les Namurois ont proposé un set d'une qualité exemplaire, entre djent, metalcore et des nuances prog bien senties. La formation risque bien de faire parler d'elle dans les années à venir et va, en tout cas, fouler d'autres scènes très rapidement.
Direction l'Orangerie ensuite pour la venue des ''darons'' de DAGGERS. Le groupe, né en 2007, nous a proposé un rendu très roots, à la croisée du punk et du metal. On s'est montré un peu moins sensible à la voix brisée du chanteur mais la présence scénique, le gras des riffs et l'atmosphère ambiante ont réussi à faire de ce concert le premier petit événement de la journée. Les Français de SOLITARIS confirmeront la tendance avec les premiers vrais headbang de ce premier dimanche d'octobre. Un deathcore plutôt classique et souvent facile mais une aura assumée suffiront à satisfaire un public acquis au genre.

Les Gantois de Modder ont par contre mené le Tumult dans une autre dimension, et ce sans sourciller. L'instrumental a réussi à transporter une Orangerie de plus en plus remplie, au son de la basse tonitruante du très charismatique Maurice Van Der Es notamment. Le quintet, né des mains de Mathlovsky et Gregory Simons en 2020, place le sludge belge sur la carte sans forcer et mériterait de fouler de plus grandes scènes à l'avenir, n'ayant pratiquement rien à envier aux pointures du genre.
On peut totalement dire la même chose de Ice Sealed Eyes, qui, depuis son tremplin au Durbuy Rock, a décidément pris du gallon. Son passage en première partie de Falling Reverse en témoigne : ISE a du potentiel et va gravir les marches du succès, dans le sillage de groupes comme Imminence ou encore Thornhill. Le metalcore est puissant, profond et touche en plein coeur. Près d'un an après la sortie de leur triptyque ALTAR, les Bruxellois continuent donc leur ascension et ont réussi à se forger une fanbase survoltée. Les t-shirts à leur effigie ont envahi le Bota et leur concert a eu pour mérite d'ouvrir le premier vrai pit de la journée. Sans surprise : en terrain conquis, Ice Sealed Eyes sait y faire pour marquer le coup.

Petite parenthèse avec Gnome et ses chapeaux pointus. Les aficionados n'ont pas traîné à se laisser emporter par des coups d'épaule bien sentis sur un stoner incisif mais malheureusement trop répétitif à notre goût pour être réellement apprécié. Un concert un poil oubliable mais qui démontre une fois encore la diversité de choix qu'offre la scène alternative belge.
Retour dans le Museum pour la sensation française Ashen. Ce groupe, que l'on retrouve littéralement partout depuis plusieurs mois (voire années, désormais), continue de gravir les échelons du metalcore avec une énergie comme on en voit peu. Certaines personnes ont fait le déplacement uniquement pour eux et si l'on doit bien leur reconnaître un don pour soulever les foules, on s'interroge encore sur ce qui caractérise un succès si fulgurant. Certes, c'est simple et efficace, mais ça pourrait surtout aller beaucoup plus loin et sortir des sentiers battus, souvent très lisses du metalcore actuel. Pourquoi ne pas pousser le délire plus loin en mettant la techno au centre de leur musique, comme le très percurtant Oblivion... qui a d'ailleurs mis tout le monde d'accord en live.
Par contre, c'est dans l'Orangerie avec les Néerlandais de Dool que nous atteindrons le climax de la soirée. La voix hypnotisante de Raven Van Dorst a envouté le public désormais réuni en nombres pour les trois ''têtes d'affiche'' du jour, en compagnie des Liégeois de Wyatt E, dernière formation belge de la journée et de l'Américaine tant attendue Myrkur. On clôture donc la soirée sur un trinité ensorcelante et oscillant entre doom obscur et chant gothique pur, dont deux emmenés par des femmes charimastiques au background bien fourni. Des genres aussi qui ne se retrouvent que très peu représentés au Bota, et que le Tumult Festival a permis de mettre en lumière pour une première édition réussie, et qui, on espère, en appelle beaucoup d'autres... Avec toujours cette Belgian Touch qui a fait de cette journée un rendez-vous incontournable pour la scène alternative foisonante de notre petit pays.

Coltaine
Death Goals
Down to Insanity
Solitaris
Imminence
Thornhill

Dool

Myrkur