
La journée débute en noirceur avec Gaerea qui nous verrons encore à de nombreuses reprises dans la suite de l’année 2022. Comme à l’accoutumée, tant les tenues sobres/sombres que la musique introspective et viscérale des portugais ont transporté un public présent en masse à la Temple –ce qui est loin d’avoir été le cas durant l’entièreté des deux week-ends.
Sans pour autant égaler la prestation qu’ils livreront quelques mois plus tard à Arlon, ce court set a démontré que Gaerea est une des étoiles montantes de la scène black metal sur laquelle il faudra compter dans les années à venir. We are Gaerea !
Pogo Car Crash Control * Warzone * 14h30 – 15h15
Qu’il est bon de pouvoir effectuer en permanence le grand écart des genres. A ce petit jeu, le Hellfest reste difficilement égalable. Après la messe noire de Gaerea, nous tentons –non sans mal- de nous frayer un chemin vers une place acceptable en Warzone pour aller admirer les français de Pogo Car Crash Control dont nous apprécions toujours autant l’évolution au fil du temps.
Alors qu’on avait l’habitude d’une formation qui retourne tout sur son passage –à l’image d’une jeunesse difficilement contenable, Pogo Car Crash Control nous a semblé assez contenu dans la prestation livrée, même si l’énergie partagée reste plaisante. En outre, les 45 minutes dédiées leur ont permis de distiller 16 titres, difficile dès lors de ne pas en ressortir satisfait.
Skeletal Remains * Altar * 15h20 – 16h05

Fini de jouer aux jeunes fougueux, le temps est venu de prendre possession de l’Altar où nous attendons les américains de Skeletal Remains venus nous balancer leur death metal chirurgical. Nous n’avions pas encore eu l’occasion d’entendre en live des titres du dernier très bon long effort, The Entombment of Chaos (2020), le Hellfest nous a –encore- permis de rattraper notre retard.
Sans trop de surprise, Skeletal Remains nous donne ce que nous étions venu chercher, à savoir du death metal old school qui ne surprend pas mais qui nous a fait bouger la tête en rythme du début à la fin. En bref, classique mais diablement efficace.
Witchery * Temple * 16h10 – 16h55

Pour ne pas changer, nous faisons quelques pas pour passer de l’Altar à la Temple pour découvrir une autre formation que nous n’avions encore jamais eu l’occasion de voir en live, à savoir les suédeois de Witchery qui sont venus apporter une dose consistante de blackened thrash metal à l’affiche de la journée.
Pouvant s’appuyer sur une discographie qui s’étend sur plus de deux décennies, Witchery a pu livrer une prestation variée qui s’articule principalement autour d’In His Infernal Majesty's Service (2016) ainsi que de l’œuvre initiale Restless & Dead (1998). Sans enlever à la qualité des musiciens, celui qui sans conteste a fait la différence est le vocaliste Angus Norder qui n’a pas arrêté de se démener du début à la fin pour arranger une foule subjuguée, mais manquant par moment de répondant. Un excellente moment, un de plus.
Dragonforce * Mainstage 2 * 17h00 – 17h50
Ah Dragonforce, que de bons souvenirs de mon adolescence à tenter d’atteindre le perfect à Guitare Hero sur leur titre Through the Fire and Flames, peut-être le plus difficile à exécuter de l’histoire du jeu. Les années ont passé mais l’esprit kitch et gaming de la formation n’a pas changé, en atteste la scénographie haute en couleur avec notamment ses bornes arcade.
Bien que peu représenté, le power metal n’en finit pas de rameuter du monde et s’est devant une plaine comble que les britanniques déboulent en interprétant Highway to Oblivion. L’entièreté du set n’est que kitsch –dont l’interprétation de My Heart Will Go On en version power metal, puissance et scénographie tape à l’œil. Avec son show hollywoodien, Dragonforce a certainement marqué des points auprès des festivaliers et de l’organisateur ; on ne serait pas surpris de les revoir à Clisson dans un avenir proche.
Killing Joke * Mainstage 1 * 17h55 – 19h10

Après avoir été tête d’affiche de la Valley le premier week-end, Killing Joke revient sur la mainstage 1 lors du second week-end, un événement d’autant plus qu’ils ont annulé leur tournée passant par d’autres festivals estivaux ; les festivaliers du Graspop l’ont notamment encore en travers de la gorge.
Le setlist du second week-end se veut un peu plus longue que celle proposée lors du premier week-end et quelques titres divergent, mais l’ossature des deux prestations restent semblables ; il est un peu décevant que les deux concerts ne sont pas davantage différenciés. Pour le reste, ce n’est clairement pas la qualité scénique du groupe qui justifie l’intérêt du concert –on sait par moment clairement ennuyé- mais plutôt la rareté du groupe et son influence dans le mouvement post-punk et la new wave. On notera un public assez clairsemé, pour un spectacle qui s’adresse en définitive aux fans de Killing Joke.
Obscura * Altar * 20h45 – 21h45

L’heure mise à disposition d’Obscura sous l’Altar devait être l’un des points d’orgue de notre vendredi. Il faut dire que nous attendions fébrilement le death metal technique des allemands, dont notamment la découverte de certains titres en live du dernier solide long effort A Valediction (2021).
L’expérience va rapidement tourner à la catastrophe, la faute à une incapacité de l’ingénieur du son –d’après le groupe- à être en mesure de faire sortir le moindre son du micro d’un Steffen Kummerer devenant de plus en plus nerveux au fil des minutes. Après plus d’une demi-heure d’attente, le set commence et nous partons assez rapidement, déçu de l’occasion manquée. Après une annulation de dernière minute lors de l’édition finale du Metal Méan, nous serons enfin récompensé quelques mois plus tard en pouvant assister à un de leurs concert sen Allemagne et pour le coup, la soirée fût parfaite.
Alice Cooper * Mainstage 2 * 21h55 – 23h10

Assister à un concert d’Alice Cooper, c’est comme revoir un film culte pour la Xième fois, on s’est pertinent ce qu’il va se passer mais à chaque fois l’on prend son pied. Bien que devant apprécier le concert depuis la mainstage 1, prérequis pour être bien placé pour la venue exceptionnelle de Nine Inch Nails, nous n’avons pu que nous incliner devant le spectacle musical sans défaut proposé par mister Cooper et sa troupe.
En dépit des conditions climatiques catastrophiques, c’est toujours un plaisir d’assister à son show en camisole de force ou à sa décapitation à la guillotine. Fait marquant, quelques titres assez rares sont joués et Nita Strauss officie encore à la guitare. Pour ne pas changer, se fût à nouveau un show spectaculaire comme seul peut nous le proposer Alice Cooper ; on aura probablement l’opportunité de le retrouver à Clisson en 2023 avec le supergroupe Hollywood Vampires.
Nine Inch Nails * Mainstage 1 * 23h15 – 00h45

L’équipe à Ben a réussi le tour de force de booker Nine Inch Nails en tête d’affiche d’un festival typé metal alors que Trent Reznor n’y est plus favorable depuis longtemps et d’en plus obtenir une exclusivité européenne en festival pour l’année 2022. Quand on sait que Ben Barbaud en a longtemps rêvé, on ne peut qu’être admiratif de cet accomplissement.

Les heures de pluie qui ont précédé la prestation collent parfaitement avec le thème industriel de la journée. S’il a fallut attendre longtemps avant de voir Nine Inch Nails au Hellfest, cette attente aura été plus que récompensée avec un concert qui sans nul doute fait partie des meilleurs de l’histoire du festival. Outre une production absolument incroyable -structures sur scène et jeux de lumières allusinant, la setlist de 20 chansons proposent 7 titres de The Downward Spiral (1994) et 3 de Broken (1992). Nous avions rêvé d’un show violent et d’une setlist spécifique au Hellfest, Nine Inch Nails l’ont fait. Un moment hors du temps qui restera comme l’un des plus grand moment du festival.
The Bloody Beetroots * Valley * 01h05 – 02h05

The Bloody Beetroots a remplacé au pied levé Atari Teenage Riot ayant fait faux bond à l’approche du festival. Il devient coutumier pour le dj italien d’être booké dans des festivals metal -il a même été à l’affiche du Graspop en 2018, mais ce choix m’étonnera toujours ; il est peu commun de trouver un groupe présent à la fois dans un festival metal et à Tomorrowland.
Pourtant, le public n’a pas manqué à l’appel en étant présent en nombre à la Valley et on se déchainant comme jamais durant l’heure consacrée au set. Résultat des courses, nous sommes rentrés remplit de terre de la tête au pied, mais absolument conquis par le violence du moment. Une excellente clôture pour une journée mémorable.
LIVE REPORT HELLFEST JOUR 1
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Remerciements à l'organisation du Hellfest ainsi qu'à Roger Wessier et son équipe pour l'invitation.

Gaerea
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The Bloody Beetroots