21h, les lumières s’éteignent, la foule s’agite, et Karla Chubb et ses acolytes prennent possession de la scène. Dès les premières notes de To the Bone, la température monte d’un cran. La voix éraillée de Karla transperce l’espace, et les guitares rugissent avec une intensité implacable. Enchaîné avec un Shadow of a Doubt tout aussi mordant, le groupe impose immédiatement sa griffe : c'est brut, sincère et viscéral.
Avec Adore Adore Adore, Sprints s’affirme encore plus, entre colère contenue et exutoire total. Le public, captivé, scande déjà les refrains, en parfaite symbiose avec le groupe. Vient ensuite Feast, un titre qui démarre dans une tension palpable avant de basculer dans un rythme effréné. La frénésie gagne la fosse, et les premiers mouvements chaotiques se forment.
Mais c’est avec Heavy que tout explose. Le morceau déclenche le premier mosh pit de la soirée, la salle se transforme en une mer agitée où corps et décibels s’entrechoquent. L’énergie dégagée par le quatuor est électrique. Les musiciens, visiblement transcendés, jouent avec une fougue qui semble inépuisable, malgré les marques évidentes laissées par une tournée 2024 éreintante. Leur album ''Letter to Self'', paru le 5 janvier a propulsé les irlandais au devant de la scène.
Sur I'm in a Band et Shaking Their Hands, Sprints maintient la cadence, entre riffs incisifs et section rythmique implacable. La tension ne retombe pas, bien au contraire : Can’t Get Enough of It enfonce le clou avec rage. Puis vient un moment de répit salvateur avec better, une toute nouvelle chanson au tempo plus lent et à l’ambiance diffuse. Ce contraste bienvenu offre un souffle dans la setlist, sans pour autant faire retomber l’intensité.
Retour à un son plus punk avec Something’s Gonna Happen, un titre nerveux et percutant qui relance l’énergie dans la fosse. Le groupe s’amuse avec les dynamiques, comme en témoigne Up and Comer, où une intro rallongée vient nourrir un circle pit qui semble ne jamais vouloir s’arrêter.
La suite est tout aussi intense : Cathedral résonne comme un cri brut et déchirant, avant qu’une nouvelle chanson, au titre encore inconnu, ne vienne surprendre l’audience par sa fraîcheur. Letter to Self, quant à elle, évoque immanquablement Idles, avec un rythme de batterie martial et hypnotique.
Les titres s’enchaînent sans relâche : The Cheek et How Does the Story Go? montrent toute l’étendue de la palette sonore de Sprints. Mais c’est sur Literary Mind que le concert atteint son apothéose. L’énergie explose, et l’Orangerie devient le théâtre d’un chaos jouissif.
En guise de conclusion, Little Fix vient couronner cette soirée mémorable. Surprise finale : le technicien guitare du groupe prend le relais à la gratte, tandis que Karla, libérée de son instrument, descend dans la foule pour un bain humain à bulles totalement euphorisant. Une image parfaite pour clore ce concert à l’image de Sprints : sauvage, sincère et terriblement exaltant.
Malgré une tournée interminable et plus de 100 concerts joués en 2024, Sprints a confirmé qu’ils sont un groupe live immanquable. Merci au Botanique pour l’invitation !
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