Reportage

Matinée Hardcore à Maastricht avec Agnostic Front

Maastricht (Muziekgieterij), le 08-02-2026

Dimanche 22 février 2026



Ça commence à devenir une petite tradition, mais chaque début d’année, je traverse la frontière pour me rendre à la Muziekgieterij de Maastricht pour une « Hardcore Matinee ». Comme son nom l’indique, le concept consiste simplement à proposer des concerts débutant un peu après midi et se terminant souvent avant le soir. Un format sympathique qui est, majoritairement, organisé le dimanche, ainsi tout le monde peut rentrer chez lui sans être trop fatigué. Après un violent Rebellion Tour l’année dernière, c’est pour une autre formation légendaire de New York que je pars vers les Pays-Bas, à savoir Agnostic Front
Agnostic Front


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. Pour les accompagner, ce ne sont pas moins de 4 groupes qui vont s’enchaîner dans une salle qui s’est vue, suite à un fort engouement, être agencée dans sa forme maximale. Maintenant que vous avez les informations principales, ne perdons pas plus de temps et allons voir ce qu’il s’y est passé.



Comme souvent dans ce genre d’événement, l’après-midi s’ouvre par une formation locale avec aujourd’hui, Brain Damage (NL)
Brain Damage (NL)


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. Le jeune groupe néerlandais, dont les membres ne doivent pas avoir plus de 20 ans, a eu la bonne idée de ramener tous ses potes. Ces derniers ont pris place devant la scène et vont montrer qu’ils sont là pour les soutenir avec une énorme motivation. Alors qu’on aurait pu s’imaginer une ambiance plate, sachant qu’ils sont inconnus pour 90% de l’auditoire, ça va être tout le contraire grâce à cette bande de jeunes qui va foutre le bordel pendant presque 30 minutes. Musicalement, nous avons affaire à un Punk Hardcore, somme toute, classique avec quelques breakdowns repris du Beatdown. Ne connaissant rien à leur courte discographie, je pourrais juste vous dire, qu’après quelques recherches, ils ont joué une chanson nommée « Broken Jaw ». Pour le reste, je vous laisse le plaisir d’aller les découvrir sur scène. Au final, ce fut une mise en bouche sympathique, mais qui manque encore un peu de maturité. A revoir du coup dans quelques années.



Ces derniers temps, on ne va se cacher que ce qui marche le mieux en termes de Hardcore, c’est la scène Beatdown. Et justement, en parlant de ça, les prochains à nous faire face, sont les Gantois de Nothing To No One
Nothing To No One


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qui ne font clairement pas dans la dentelle. Pour que vous ailliez une idée, la musique proposée se rapproche de groupes comme No Face No Case, Stab ou encore Surge of Fury. Dès le début, le pit est gigantesque et les premiers crowdkills font leur apparition très rapidement, au plus grand dam des curieux qui ne s’attendaient certainement pas à ça. Les premiers rangs ramassent comme pas possible et, même si je comprends la pratique, j’ai trouvé que ça allait des fois un peu trop loin (jusqu’à brouiller les frontières avec l’envie de vraiment tarter des gens). Sur scène par contre, c’est ultra carré et les deux chanteurs alternent les vocalises qui exciteront les sauvages dans le pit. Sinon, comme vous pouvez l’imaginer, on enchaîne breakdown sur breakdown, sans une once de subtilité. La setlist s’est concentrée sur le dernier EP en date, Resurrection, sorti fin de l’année dernière. En gros, c’était chouette, même si la plupart des singes dans la fosse ferraient mieux de s’inscrire dans un club de boxe.



Je ne sais pas vous, mais perso, je connais très mal la scène Hardcore sud-américaine. En même temps, on ne peut pas dire que les groupes arrivent facilement à s’exporter jusque chez nous. Pourtant, quand on connaît la ferveur qui règne là-bas et la richesse culturelle qui s’y trouve, il y a de quoi faire un paquet de découvertes. Si je parle de tout ça maintenant, c’est parce que les prochains à monter sur scène sont les Colombiens de Raw Brigade
Raw Brigade


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. Originaires de Bogota, les musiciens débordent d’énergie, à l’image de leur Punk Hardcore furieux et doté d’une sacrée agressivité. Refroidis par les crowdkills du concert précédent, les fans, de leur côté, se cachent au fond de la salle, ce qui poussera le chanteur à demander à plusieurs reprises de se rapprocher.

Durant un peu moins de 30 minutes, l’ambiance va finir par décoller petit à petit grâce à une série de side to side dévastateur, mais surtout grâce à des compositions qui donnent envie de partir sur le champ de bataille. Se trouvant quelque part entre Speed et Destiny Bond, Raw Brigade
Raw Brigade


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enchaîne les parpaings sans aucun répit. Franchement, je n’en attendais rien et je finis par me laisser facilement entrainer par des riffs accrocheurs. Après quelques chants contre la milice « ICE », le groupe prendra la parole pour nous délivrer un message d’unité et contre toute forme d’autorité abusive. Une bonne découverte, hyper dynamique et qui a permis à tout le monde de se mettre en jambes avant d’encore monter d’un cran.



Groupe phare de la scène Punk Hardcore des années 2000, à l’instar de Terror et Death Before Dishonor, Wisdom in Chains
Wisdom in Chains


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n’a jamais vraiment eu la reconnaissance qu’il méritait et s’est toujours retrouvé à l’ombre des autres. Cette légère mise en retrait peut, peut-être, s’expliquer par le fait que leur musique est légèrement différente, avec l’ajout de sonorité provenant aussi bien du Melodic Hardcore que de la Oi!. Quoiqu’il en soit, en cette fin d’après-midi, la salle commence doucement à bien se remplir et on sent une certaine effervescence se dégager du public. Pourtant, comme vous allez le lire, ce concert ne va pas motiver grand monde… En effet, dès le début, l’ambiance est retombée au plus bas et il faudra attendre que Frankie Puopolo (chant) descende dans la fosse pour réveiller les fans, et ce, après déjà quelques chansons.

C’est vrai que contrairement aux formations précédentes qui misaient tout sur les breakdowns, Wisdom in Chains
Wisdom in Chains


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, de son côté, préfère axer sa performance sur des mélodies imparables et sur des tonnes et des tonnes de singalongs. En parlant de ça, les spectateurs auront pu cracher leurs poumons durant l’interprétation d’une cover de « Step Down » de Sick Of It All, jouée en l’honneur de Lou Koller qui se bat toujours conter un cancer. Après 30 minutes rudement menées, le groupe terminera son set sur la classique « Chasing the Dragon » qui aura, tardivement, permis de retrouver cette ambiance Hardcore qu’on avait depuis le début de la journée. Un bon moment, même si j’en ressors avec un sentiment mitigé.



Cette « Hardcore Matinee » se termine donc par les légendes du NYHC, Agnostic Front
Agnostic Front


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. Bizarrement, je ne les avais encore jamais vus en live, alors qu’on ne peut pas dire qu’ils sont rares. Présent en Europe tous les ans depuis plusieurs décennies, la bande à Roger Miret n’est pas prête de raccrocher les crampons et va, une nouvelle fois, avoir à cœur de nous balancer son Hardcore fédérateur. Sans surprise, on comprend très vite que tout le monde est venu pour eux et on le remarque directement sur « Way of War » qui ouvre le concert. Cette chanson, provenant de leur dernier album en date Echoes of Eternity (2025), lance les hostilités d’une bien belle manière et annonce la couleur : ça va être le feu ! Avec un set d’une durée d’une heure, nous allons voir défiler tous les classiques et on sait qu’ils sont nombreux. Entre « My Life My Way », « Old New York » ou l’indémodable « Victim in Pain », tout le monde reprend en chœur les différentes paroles et pogote frénétiquement au rythme soutenu des compositions.

Vinnie Stigma, du haut de ses 70 ans, en a encore sous le coude et n’hésite pas à haranguer la foule qui lui répond avec beaucoup d’énergie. De son côté, Roger Miret (chant) semble par moments à bout de souffle et en profite pour tendre le micro à l’assemblée. Bien évidemment, la fin de la prestation ne ralentira pas d’une seconde avec, entre autres, « For My Family », la classique des classiques « Gotta Go » (durant laquelle, Frankie (Wisdom in Chains
Wisdom in Chains


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) viendra taper quelques paroles) et, comme ça semble être la tradition, une cover de « Blitzkrieg Bop » des Ramones en guise de point final. D’ailleurs, le groupe nous rappellera gentiment que sans les Ramones, nous n’aurions pas eu de Punk, ni de Metal. Bref, pour une première, et même si je suis loin d’être leur plus grand fan, j’ai quand même passé un super moment, grâce à une ambiance survoltée et des morceaux à l’efficacité redoutable.

Une bonne après-midi à Maastricht qui aura tenu toutes ses promesses et que j’espère revivre, une nouvelle fois, l’année prochaine avec d’autres légendes de la scène Hardcore.

Remerciements à la Muziekgieterij pour l’accréditation.
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AUTEUR : Maxime
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sou...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spin kicks. Si ce n'es...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spin kicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant ...
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spin kicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....
Adepte de breakdowns et de pits bien énervés, Maxime aura grand plaisir à te faire découvrir les scènes Metalcore et Deathcore (et bien plus) sous toutes leurs formes. Musicologue de formation et mélomane aguerri, tu risques très certainement de le croiser au milieu d'un wall of death ou en train de taper ses meilleurs spin kicks. Si ce n'est pas le cas, tu pourras toujours le suivre à travers le récit de ses aventures musicales ou bien en l'observant déclamer son amour pour les riffs chugs....

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