Porte étendard de la scène Black / Speed Metal française, le groupe arrive à Liège, en cette fin du mois de mars, avec son imaginaire horrifique façon Scooby-Doo et son énergie contagieuse qui pourrait, sans aucun problème, mettre le feu au dancefloor de n’importe quel cimetière. Quoi de mieux alors, pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles, que La Zone et sa cave mystérieuse comme décor pour cette discothèque morbide. Clipsez vos dents de vampire, enfilez votre fourrure de loup-garou et c’est parti pour une soirée d’Halloween avant l’heure (ou après, tout dépend du point de vue).

Sachant que La Zone promeut très souvent la scène locale, nous ne pouvions donc pas passer à côté d’une première partie noir-jaune-rouge. Et justement, pour ouvrir les hostilités, quelle bonne idée d’avoir booké les Limbourgeois de Head of the Baptist et leur Death Metal infernal. Formé il y a maintenant 10 ans, le groupe ne compte que deux EP et une démo dans sa courte discographie, mais ça sera largement suffisant pour assouvir la soif de noirceur d’un public déjà bien présent en ce début de soirée. Dans le noir complet, les musiciens se préparent face à nous et une musique cauchemardesque est lancée en fond. Avec une entrée pareille, on peut dire que la thématique horrifique du soir est plus que respectée ! Afin de prolonger le délire, les deux chanteurs n’arrêtent pas de pousser des hurlements terrifiants entre chaque morceau et nous invitent à bouger la tête frénétiquement. Leur Death Metal, rapide et furieux, est également nourri de quelques fulgurances Crust Punk comme sur la démoniaque « Blackened Ichor » ou la sympathique « Embers Embrace ». Durant presque 35 minutes, nous allons alterner entre des passages ultra denses bourrés de blast beat et des moments plus lents, mais d’une lourdeur abyssale. J’en ai pour preuve la doomesque « The Pyre of Equivalence » et son final pachydermique qui nous aura conduit, tout doucement, vers notre propre tombe. Une bonne mise en bouche qui aura donné le ton et dont on ressort presque autant possédé que les membres sur scène.

Après une petite pause durant laquelle tout le monde a pu recharger ses batteries et remplir son verre, partons direction la Loire-Atlantique pour les Nantais de Gravekvlt. Existant depuis seulement 5 ans, le groupe est rapidement devenu une référence dans la scène Black / Speed Metal maléfique, notamment grâce à des compositions énergiques et une fougue viscérale taillée pour le live. Justement en parlant de ça, c’est sans perdre une seconde de plus que la formation nous balance ses riffs entêtants les uns après les autres. Même si le public est un peu timide, il ne faudra attendre qu’une chanson supplémentaire, avant que l’anarchie ne se déploie dans le petit espace qui sert de pit. Bien aidé par des sonorités très Rock ‘n’ Roll et Punk, Gravekvlt propose une musique hyper efficace se trouvant dans la digne lignée de Venom et Midnight, tout en rappelant, également, un certain Motörhead. Très franchement, même moi qui suis loin d'être leur plus grand fan, je dois bien reconnaître qu’on se laisse facilement embarquer par cette énergie contagieuse qui nous fait convulser frénétiquement.
Sachant que leur inspiration principale est les films d’horreur, on retrouve quelques éléments leur faisant référence, comme le traitement des mélodies qui nous donne l’impression d’être perdu dans un manoir hanté. C’est goofy, mais terriblement addictif ! Depuis le début, les chansons s’enchaînent aussi rapidement que les jump scares dans les derniers Conjuring et ne nous laissent aucun moment de répit. Très content d’avoir pu me délecter de la très Punk « Goat’n’Roll » ou encore de la sulfureuse « Full Moon Fever ». Avec leur look typique des années 80, les musiciens auront assuré un show d’une grande qualité et nous auront pourchassé tels des antagonistes de slashers avec leurs cavalcades des enfers. Au final, ce fut 50 minutes qui sont passées à une vitesse folle et qui ont retourné l’ensemble des goules s’étant perdues, ce vendredi soir, à La Zone.
Une bonne soirée à Liège comme on l’aime et qui se sera prolongée jusqu’au bout de la nuit grâce aux playlists endiablées des gars de Silenceless, venus mixer pour l’occasion. En tout cas, merci à tous les acteurs qui ont fait de ce petit évènement, une réussite et on se retrouve d’ici quelques jours pour de nouvelles aventures.
Gravekvlt
Head of the Baptist