Curselifter – Buzzard Stage | (12h00 – 12h30)

Mais avant d’en arriver là, dirigeons-nous vers la Buzzard Stage pour le concert violent et dynamique de Curselifter. Originaire d’Utrecht, le jeune groupe néerlandais est loin de m’être inconnu, l’ayant découvert en live lors de la dernière édition du Revolution Calling à Eindhoven. Grâce à un Metallic Hardcore dans l’air du temps, la formation m’a directement tapé dans l’oreille et j’ai passé un très bon moment devant sa performance en novembre dernier. Du coup, j’espérais bien revivre la même expérience ce midi. Même si le chapiteau est encore loin de faire comble (ce qui est normal vu l’horaire presque matinale), on retrouve un grand nombre de Hardcore Kids venu soutenir leurs camarades avec une énergie débordante. Pour preuve, dès l’ouverture du concert, les premiers mosheurs s’élancent d’un côté à l’autre de la scène et moulinent comme des hélicoptères dans la fosse.
Avec son timbre de voix cinglant faisant autant référence à Terminal Sleep qu’aux premiers Dying Wish, Rosa Jonker (chant) motive, sans trop de soucis, les fans à s’empoigner brutalement comme des animaux affamés. Sachant qu’il n’a pas l’habitude de se produire sur des scènes aussi grandes, Curselifter en profite pour nous balancer toute son artillerie avec comme point d’orgue, l’exécution de sa dernière chanson en date « Eight Days » et son break final d’une méchanceté abyssale. Après 30 minutes qui sont passées extrêmement vites, le groupe nous remercie gracieusement d’avoir été là et nous invite à soutenir l’ensemble de la scène locale. En somme, un chouette concert d’ouverture qui montre que le Jera choisit avec pertinence et qualité ses openers, en plus de donner une chance à des jeunes musiciens.
Allt – Eagle Stage | (12h45 – 13h25)

J’en parle relativement souvent dans ces pages, mais depuis plusieurs années maintenant, on voit apparaître une prolifération des groupes de Thall en Scandinavie (et plus précisément dans son berceau natal, la Suède). Sous-genre du Djent, cette musique se caractérise par la volonté de mettre l’accent sur les atmosphères, tout en bombardant les compositions d’éléments dissonants. Si ce sont Humanity’s Last Breath et Vildhjarta qui lui ont donné ses lettres de noblesse, le Thall se retrouve dorénavant dans la plupart des formations hyper modernes du nord de l’Europe comme, par exemple, chez Karmanjakah, Aviana ou justement, celle qui nous intéresse maintenant : Allt. Formée en 2020 entre deux confinements, la formation s’est rapidement hissée comme l’un des fers de lance de cette nouvelle scène suédoise où la modernité est le maître mot. En plus de retrouver quelques bribes de Thall, le groupe nous propose un mélange efficace de Metalcore Progressif, de Metal Alternatif et de Djent. Une recette assez dense qui risquait d’être difficile à digérer, si vous n’étiez pas réveillés en ce début de journée.
Face à un public éparse, Allt ne perd pas une seconde et rentre directement dans son concert sous les riffs groovy de « Omerta », provenant de son futur nouvel album Ataraxia (celui-ci est sorti fin juillet). Le reste de la setlist va tout naturellement tourner autour du disque From the New World (2024) avec comme arrêts immanquables : « Echoes » et « The Orphan Breed ». Même si certains passages bien sentis pousseront quelques courageux à bouger dans le pit (notamment la fin de « Aquila »), je dois bien reconnaître que, pour ma part, ça ne prend pas. Je finis même rapidement par perdre le fil du concert, tout en headbanguant mécaniquement. Pourtant, je ne peux pas dire que ça soit mauvais. C’est même plutôt l’inverse, car j’ai l’impression que les compositions sont bien plus hargneuses en live et que le chant clair se fait plus rare qu’en version studio. Mais bon, que voulez-vous, il y a des jours où ça ne veut pas, sans qu’on ne comprenne vraiment pourquoi. Le show prendra fin après presque 40 minutes sur l’écrasante « Emanate » et ses errances Djent surpuissantes. A revoir une prochaine fois, en espérant rentrer dans le concert cette fois-ci.
Gridiron – Buzzard Stage | (13h30 – 14h05)

Si vous écoutez souvent du Hardcore et que vous connaissez un peu la scène, vous savez très certainement que les musiciens ont du mal à rester dans un seul projet à la fois. Pour assouvir leur besoin constant de création, les artistes se mélangent entre eux et fondent, à la pelle, des supergroupes (entendez par là un groupe formé par des membres de plusieurs formations déjà reconnues). Que ce soit Inclination imaginé par des musiciens de Knocked Loose, Wristmeetrazor et Expire ou Crush Your Soul créé par les bougs de Mindforce, Simulakra et Final Resting Place, vous comprenez que le schéma se répète très souvent. Dans cette idée de consanguinité constante, on retrouve également les prochains à monter sur scène : Gridiron. Apparue en 2020 pendant le Covid-19 (comme quoi, c’est le thème de la journée), la formation rassemble des membres de Year of the Knife, Simulakra et Never Ending Game pour un rendu tout aussi bête et méchant que les noms listés précédemment. La différence majeure est qu’ici, le projet se concentre sur un Metallic Hardcore utilisant énormément d’éléments provenant du Rap Metal.
Sur les coups de 13h30, le groupe se présente face à nous et urge les fans à se démolir comme il se doit. Sans surprise, il ne faudra pas attendre bien longtemps après cette annonce, pour voir les premières bastos partir dans le pit. Avec son phrasé rappé digne d’E-Town Concrete et Bayway, Matthew Karll (chant) aboie ses paroles tel un chien énervé et harangue la foule avec une grande simplicité. Influencées par le Beatdown Hardcore, les chansons de Gridiron vont droit à l’essentiel et nous gratifient de nombreux breakdowns qui donnent envie de mettre des « Uraken » à tout le monde. Du coup, comme vous pouvez vous en douter avec ce genre de musique, le QI moyen du chapiteau ne doit pas dépasser les 50 et pourtant, c’est justement pour ça qu’on est là. C’est débile, mais fichtrement efficace ! Après 35 minutes que je n’ai pas vues passer, le concert se termine par la destructrice « Trench », sous une pluie d’applaudissements. Sans aucun doute la prestation bêbête de la journée, mais qui aura clairement fait le taf.
Magnolia Park – Hawk Stage | (14h15 – 14h50)

Depuis 3 ans maintenant, le Jera on Air semble s’ouvrir de plus en plus aux penchants les plus modernes du Metal et notamment à tous les artistes de Metal Alternatif qui aiment piocher des influences en dehors des musiques extrêmes (notamment dans la Pop, l’Electro et le Rap). Rien que cette année, on retrouve des noms comme TX2, Rain City Drive, Catch Your Breath ou encore Magnolia Park. En parlant de ce dernier, même si je ne suis pas du tout le public cible à la base, je dois bien reconnaître apprécier plusieurs de ses chansons. Sachant que je n’ai rien d’autre à faire à ce moment précis de la journée, je décide de me déplacer sous la Hawk Stage pour voir ce que les Américains valent sur scène.
Histoire de débuter de la meilleure des manières, le groupe ouvre son concert par le morceau que je préfère de son catalogue : « Animal ». Emmené par un son un peu synthétique, le groupe déploie toute son énergie contagieuse, bien aidé par des refrains hyper entraînants. Malheureusement, une fois ce banger passé, je vais être quelque peu dubitatif, car je me doute bien que le reste du show ne va pas être autant à mon goût que cette première chanson. Néanmoins, je ne demande qu’à être surpris ! La suite du set va exclusivement se concentrer autour de leur dernier album, Vamp (2025), que je trouve sympathique, bien que manquant cruellement d’originalité. Du coup, même si tous les titres qui passent dans mes oreilles semblent se ressembler, j’arrive à rester focus sur la prestation grâce à des musiciens qui se donnent à fond et qui n’hésitent pas à venir dans la fosse pour motiver tout le monde. Chapeau bas au guitariste qui jouera au milieu d’un circle pit et qui partira, dans la foulée, faire une visite guidée du chapiteau en crowdsurfing. Magnolia Park clôturera sa performance sur « Shallow » pour le plus grand plaisir des fans. Loin de m’avoir pleinement convaincu musicalement parlant, je garderai un bon souvenir de ce concert grâce à l’attitude positive et énergique des musiciens.
Annisokay – Eagle Stage | (16h00 – 16h50)

La dernière venue d’Annisokay au Jera on Air remonte à 2024 et on peut dire qu’elle ne s’est pas passée comme prévue. En effet, initialement bookés le samedi en début d’après-midi, les Allemands avaient été contraints de reporter leur show au lendemain, car l’ensemble de leur matériel s’était égaré lors d’un voyage en avion. Sachant que je voulais absolument les voir, je m’étais dit que c’était simplement partie remise. Seulement, une mauvaise organisation de ma part et l’ouverture catastrophique des portes le dimanche matin m’ont fait rater l’entièreté de leur set. Nous voilà donc, 2 ans plus tard et afin de ne pas revivre cette mésaventure, je me place assez tôt devant l’Eagle Stage.
Depuis la dernière fois, Annisokay a eu le temps d’étoffer son répertoire avec la sortie de son EP Abyss Pt II (2025), point final de son diptyque d’EP intitulé Abyss – The Final Chapter (2025). C’est donc tout naturellement que la setlist du jour va lui être dédiée. Entre un « Throne of Sunset » et un « Ultraviolent » fort sympathique, c’est véritablement pendant « Human » et surtout « H.A.T.E. » que je vais prendre mon pied. Grâce à des refrains qui rentrent directement en tête et des riffs bien lourds, le groupe nous témoigne toute sa maîtrise de son Post Hardcore moderne. Sur scène, je suis assez bluffé par la justesse de Christoph Wieczorek (chant clair-guitare) qui gère à la perfection ses parties, jusqu’à avoir un rendu presque aussi propre que sur CD. Après un « Coma Blue » qui fera figure de vieillerie (alors qu’elle date de 2018), les Allemands termineront leur concert par « Calamity » et la magnifique « STFU ». Durant cette dernière, l’ensemble du public a pu se déchirer les poumons lors du call out d’avant break, avant de s’exterminer de façon bienveillante dans le pit. Même si je suis légèrement déçu qu’ils ne jouent plus les chansons des premiers albums, je suis quand même content d’avoir pu enfin les voir. Un chouette moment qui prolonge la bonne qualité de ce début de journée.
Thrown – Vulture Stage | (17h00 – 17h35)

Je ne sais pas vous, mais depuis que Thrown se sont révélés aux yeux du monde entier, il y a déjà 3 ans, j’ai l’impression de les voir absolument partout. Entre plusieurs tournées par an et la participation à de nombreux festivals durant l’été, il devient difficile de les rater ou alors, il faut vraiment le faire exprès. Pour ma part, ma dernière rencontre avec le groupe remonte à avril 2025 lors de la tournée promotionnelle de leur premier album, Excessive Guilt (2024). Par la suite, j’avoue avoir esquivé leurs passages chez nous, afin de ne pas faire une indigestion (pareil d’ailleurs pour leur future venue en décembre prochain, malgré un panel qui donne affreusement envie). Quoi qu’il en soit, lorsque j’en ai la possibilité comme aujourd’hui, je ne passe pas l’occasion d’aller me faire brouiller par leur musique ravageuse. Dans ce sens, le concert du jour devrait être, comme à son habitude, expédié rapidement, mais de manière qualitative.
C’est sans aucune introduction que les Suédois arrivent sur scène et fracassent tout le monde d’emblée avec « Bloodsucker », prouvant ainsi à ceux qui en doutaient encore, qu’avec eux, ça ne rigole pas. Portée par un Nu Metalcore vicieux à souhait, la formation enchaîne les morceaux à vitesse grand V et empilent autant les breakdowns, qu’il y a de cadavres dans le pit. Habitué à avoir un son plus que moyen et surtout beaucoup trop fort, Thrown nous gratifie aujourd’hui et pour la première fois que je les vois, d’une sonorisation excellente ! Du coup, les compos rugissent avec encore plus d’impacts qu’à l’accoutumée et me permettent d’être totalement sur un petit nuage. Grâce à des cartouches comme « Guilt », « Backfire », « Nights » et surtout « On the Verge », c’est l’anarchie dans la fosse et tout le monde y va de bon cœur pour déglinguer les visages innocents de ses amis. Durant le set, nous avons également droit aux nouvelles chansons « Split » et « Rehearsed » qui, comme vous vous en doutez, restent aussi régressives que l’ensemble de la discographie. En seulement 35 minutes, les Suédois ont donc assuré leur statut de bulldozer en live, tout en me prouvant qu’ils peuvent avoir un bon son. Top !
Alkaline Trio – Eagle Stage | (18h00 – 18h50)

Souvent comparé à tort et sous forme de blague à Blink-182, Alkaline Trio partage tout de même un peu de son histoire avec les légendes californiennes. En effet, suite au départ de Tom DeLonge en 2015, c’est Matt Skiba (membre fondateur d’Alkaline Trio) qui est choisi pour reprendre le rôle. Pendant presque 7 ans, les deux parties vont cohabiter ensemble, jusqu’à ce que Tom revienne dans le groupe en 2022. Comme si de rien n’était, Matt est gentiment remercié et retourne se concentrer pleinement à son premier projet. Bien qu’Alkaline Trio n’ait jamais eu le même succès que son confrère, il ne faut pas mettre de côté l’influence majeure qu’a eu la formation sur un grand nombre d’artistes des scènes Punk et Pop Punk. Ne les ayant jamais vus en live, c’est donc dans cette optique de découverte d’une entité culte pour la première fois que je me dirige vers l’Eagle Stage en cette fin d’après-midi.
Lorsque le concert se lance, je découvre que ce bon vieux Matt Skiba se déplace difficilement et doit rester assis sur une chaise. La raison ? Ce dernier a subi un accident de moto juste avant la tournée et s’est blessé à la jambe. Tel Dave Grohl en 2015, le chanteur va donc devoir haranguer la foule avec un malus en plus. Ne connaissant pratiquement rien de leur discographie, j’assiste donc au concert en touriste complet et je ne vous cache pas que je vais vite décrocher, malheureusement. L’énergie déployée sur scène est presque nulle et Matt semble avoir du mal à trouver ses marques, dû au fait de ne pas pouvoir être libre de ses mouvements. De plus, je trouve que les morceaux joués sont d’un plat abyssal et je ne dois pas être le seul à m’ennuyer, car le reste du public ne semble pas plus investi que moi. La fin du set sur « Radio » ne réussira pas à me réveiller (vu la chanson, je pense que vous comprenez pourquoi) et sonnera le glas d’une prestation mollassonne au possible. Quelques jours après ce show, on apprendra qu’Alkaline Trio a préféré annuler le reste de sa tournée, afin que Matt puisse se reposer et se remettre en forme. Un choix judicieux qui aurait peut-être dû être pris avant de partir sur les routes.
Periphery – Vulture Stage | (19h00 – 19h50)

Figure majeure de la scène Djent depuis presque 15 ans, Periphery débarque en Europe, en cette période estivale, pour une courte tournée de deux semaines s’arrêtant principalement au Royaume-Uni et en Allemagne, mais comptant aussi quelques rares dates en festival comme celles au Download, au Hellfest, au Graspop et justement, au Jera on Air. Programmé en même temps qu’Ignite que j’aurais bien aimé revoir, mon dévolu s’est donc porté sur les Djenteux que je vais découvrir sur scène pour la première fois. Loin d’être un immense fan de leur catalogue, je reconnais que les Américains ont un don tout particulier pour la production de riffs hyper groovy, sur lesquels on peut facilement se détruire la nuque. Du coup, j’espérais bien finir en minerve ce vendredi soir.
Comme souvent avec la sortie récente d’un nouvel album, la formation va largement mettre en avant son dernier bébé en date, A Pale White Dot (2026), avec pas moins de 5 morceaux joués. Très content d’entendre « Heaven on High » et son break incroyable, en plus de « Unlocking » et sa construction progressive délicieuse. Spencer Sotelo (chant) est en grande forme et alterne avec une aisance déconcertante les technique vocales, passant d’un growl puissant à un chant clair mielleux en un claquement de doigt. Les autres musiciens ne sont pas reste, notamment Misha Mansoor (guitare) et ses mimiques expressives lancées lors de chaque riff bien lourd. Après les odes au Djent que sont « Atropos » et « Wildfire », Periphery fermera son concert sur la violente « Blood Eagle », histoire de mettre une dernière baffe à toute l’assemblée. En somme, comme je m’y attendais, les riffs chugs ont volé dans tous les sens durant l’entièreté du set et les quelques passages plus atmosphériques ont apporté un calme bien venu au milieu de cette tempête musicale.
Hollywood Undead – Eagle Stage | (20h00 – 20h50)

Il y a des groupes qui, pour des raisons qui m’échappent, restent obstinés à jouer les mêmes setlists en boucle et en boucle, alors qu’ils continuent de sortir des nouveaux albums. Dans cette liste des formations qui restent perpétuellement sur leur acquis, je pense bien évidemment aux Californiens de Hollywood Undead. Depuis que je les ai vus pour la première fois au Graspop 2015, j’ai l’impression de revivre encore et encore le même concert. Pourtant, ils ont clairement de quoi faire et ont même des petites pépites qui pourraient dynamiter le pit (je pense à « Renegade », « California Dreaming », « Heart of a Champion » ou encore « Time Bomb » pour rester dans les plus récentes). Mais non, ils préfèrent nous balancer les chansons les moins rentre-dedans et les plus mainstream de leur discographie. En me voyant râler comme ça, vous devez sans doute vous dire : mais pourquoi continuer à aller les voir alors ? Et vous avez raison, mais il faut croire que je vis avec l’espoir (vain) d’assister un jour à peu de changement.
Concernant le concert du jour, les Américains commencent très fort avec « Undead » qui reste, à mon humble avis, l’exemple parfait de ce qu’ils savent faire de mieux. Ensuite, le groupe va quelque peu me donner tort en jouant deux nouveaux morceaux (« 1x1 » et « Savior ») que je trouve sympathiques, mais sans plus. Malheureusement, c’est déjà à partir d’ici que tout va s’effondrer avec l’enchaînement des enfers qu’est « Riot » / « Comin’in Hot » / « War Child ». Des enfers, car je n’apprécie pas du tout cette facette très « Party Music » et limite beauf de leur répertoire. Bref, comme d’hab, les musiciens ne se prennent pas au sérieux et vont jusqu’à inviter un jeune fan à jouer quelques riffs avec eux sur scène. Ce dernier, un peu gêné de ne pas savoir donner le nom de son membre favori, finira porté comme Simba dans Le Roi Lion, devant un public le félicitant pour sa participation. Après l’horrible « Bullet », Hollywood Undead termine à moitié sur une bonne note avec « Day of the Dead », puis « Everywhere I Go » qui, en plus de m’achever, m’a convaincu que la prochaine fois, j’irai n’importe où sauf devant l’un de leur concert. Au final, même si les musiciens ont assuré un show solide, la setlist, elle, m’a complètement dégoûté (comme je pouvais m’y attendre) et a tiré un trait définitif sur la possibilité que je les revois avant un bon bout de temps.
A Day To Remember – Eagle Stage | (22h00 – 22h50)

J’en parlais lors du report de leur concert à l’OM l’année dernière, mais je trouve dommage qu’A Day To Remember n’ait pas réussi à s’imposer comme une tête d’affiche indiscutable en Europe. Certes, on peut les retrouver trônant le haut des affiches des gros festivals, mais ils n’ont pas l’aura d’un Parkway Drive ou d’un BMTH. Pour autant, il serait réducteur de sous-entendre qu’ils ne sont pas populaires, je dirais même que c’est tout l’inverse dans des évènements spécialisés dans le Metalcore comme le Jera on Air. Ce sentiment se ressent fortement quelques minutes avant le début du concert avec une Eagle Stage remplie massacre et dans laquelle, il est difficile de se frayer un chemin. Lorsque les lumières s’éteignent, une voix au loin commence à reprendre progressivement un hymne connu par l’ensemble du chapiteau, je parle bien évidemment de l’intro en « dadadada » de « The Downfall of Us All ». Ni une ni deux, le public explose quand les guitares entrent en jeu et tout le monde chante en chœur les paroles jusqu’à s’en déchirer les poumons.
Comme d’habitude, la première partie du set va être super intense avec l’enchaînement des morceaux les plus violents comme « I’m Made of Wax, Larry, What Are You Made Of ? », « Right Back at It Again » ou encore « Paranoia ». A l’image de ce qu’on retrouve sur l’entièreté de la tournée, une cinquantaine de fans ont eu la chance de pouvoir voir le concert depuis le fond de la scène et ainsi, profiter au plus près de l’énergie débordante qui y est déployée. Sans vraiment savoir pourquoi, toutes les chansons passent extrêmement bien, même celles du dernier album dont je suis moins friand comme « All My Friend » et « Bad Blood » par exemple. Après nous avoir joué l’émotionnelle « Have Faith in Me », A Day To Remember repart dans sa facette la plus belliqueuse avec « Mr. Highway’s Thinking About the End » qui n’a malheureusement droit qu’à une version raccourcie (les breaks ont survécu, c’est déjà ça). Depuis le début, tout s’enchaîne rapidement, à tel point qu’on approche déjà de la fin avec les titres spécialement conçus pour le singalong que sont « All I Want », « If It Means a Lot to You » et « All Signs Point to Lauderdale ». Pendant 50 minutes, les Américains auront donc retourné la plaine d’Ysselsteyn grâce à une setlist redoutable et une présence scénique éclatante. Un très bon concert, sans doute le meilleur de la journée, qui aurait largement eu sa place en tête d’affiche.
Ice Nine Kills – Vulture Stage | (23h00 – 23h50)

Attribué les années précédentes à un groupe de Pop Punk des années 2000 (Simple Plan en 2024 et Yellowcard en 2025), le slot de clôture de la Vulture Stage du vendredi est cette fois-ci donné aux superstars du Metalcore horrifique : Ice Nine Kills. Spécialisés dans la mise en musique des plus grandes œuvres du cinéma d’horreur, les Américains ont littéralement explosé en 2021 avec leur album Welcome to Horrorwood : The Silver Scream 2. Entre des refrains plus entêtants les uns que les autres, des chansons d’une grande variété et une performance vocale titanesque de Spencer Charnas, cet album les a révélés aux yeux du grand public et les a propulsés dans une autre dimension. De plus, cette ascension fulgurante s’est aussi faite grâce à une scénographie toujours plus immersive et des prestations live dignes d’une pièce de théâtre. Pour son retour à Ysselsteyn 2 ans après sa dernière venue, le groupe va avoir à cœur de nous présenter son nouveau spectacle et ses nouvelles compositions.
Dans ce sens, Ice Nine Kills débute par la violente « Meet & Greet » parlant du film Le Silence des Agneaux. Dès le départ, les costumes sont de sortie et plusieurs acteurs sont là pour nous faire vivre visuellement le morceau. Tout le long du concert, nous allons assister aux meurtres d’innombrables personnes comme durant « Wurst Vacation », « Welcome to Horrorwood » ou encore, durant la magnifique « Funeral Derangements ». Concernant les singles les plus récents, je dois bien reconnaître apprécier la clownesque « The Laugh Tracks », mais buter sur la très 90s « The Great Unknown » et son refrain générique au possible. En tout cas, même si certaines chansons me touchent moins (comme la cover de « Linoleum » de NOFX), il est difficile de s’ennuyer avec ces enchaînements de saynètes toutes plus gores et burlesques les unes que les autres. Après nous avoir interprété la géniale « Hip to Be Scared » et la vieille « The American Nightmare » que j’adore particulièrement, le point d’orgue de la soirée arrivera sur la déjà mythique « A Work of Art » et son Art The Clown en roue libre totale. Personnage principal des films Terrifier, notre clown adoré se balade sur scène en ennuyant les musiciens, avant de déchiqueter plusieurs personnes et de faire tourner dans les airs un pauvre nourrisson en plastique. Le meurtrier terminera le set derrière les futs, face à un public conquis par ce qu’il vient de voir. Grâce à des chansons taillées pour le live et une magie horrifique omniprésente, Ice Nine Kills a livré l’un des concerts du week-end et confirme son succès mérité.
The Offspring – Eagle Stage | (00h00 – 01h00)

Depuis le début des années 2020, le Pop Punk connait un nouveau souffle avec l’arrivée d’une pléthore de nouveaux artistes, mais aussi avec le retour en grâce des anciennes gloires à l’image de Blink-182 et Avril Lavigne. Dans cette bouillante effervescence, on retrouve The Offspring qui, en n’ayant rien demandé, a gagné un regain de popularité énorme, au point d’être placé en tête d’affiche de tous les festivals (Hellfest, Graspop, Tons of Rock) et de remplir l’ING Arena en novembre dernier. Des accomplissements honorables et surprenants qui les placent également ce vendredi soir comme notre attraction finale. Seulement, le problème avec les Américains est qu’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre avec eux. Souvent décevants et quelques fois excellents, leurs concerts ne laissent, en tout cas, personne indifférent et me font espérer qu’aujourd’hui soit un bon jour.
Armé d’une flopée de tubes, The Offspring compte bien profiter de notre nostalgie en nous proposant un show best of à la setlist très efficace. Après un « Come Out and Play » en ouverture, nous allons avoir droit à d’autres bangers comme « Staring at the Sun » et « Want You Bad ». Pour nous introduire tous ces morceaux, Dexter Holland (chant-guitare) et Noodles (guitare) enchaînent les blagues qu’eux seuls comprennent et font durer bien trop longtemps ces interactions dont tout le monde se fiche. Leurs prises de parole au micro sont tellement récurrentes durant tout le show, que j’en viens à me demander si j’assiste bien à un concert et non pas à un spectacle de stand-up (et malheureusement pour eux, je ne suis pas réceptif au stand-up). Alors que le temps passe et qu’on aimerait bien qu’ils nous jouent d’autres chansons, les gugusses ont la merveilleuse idée de lancer un medley en l’honneur d’Ozzy Osbourne avec une reprise de « Paranoid » et de « Crazy Train ». Déjà là, je commence à en avoir marre, mais ils vont prolonger ce moment inutile avec une cover de « Love Story » de Taylor Swift pour vraiment m’achever.
A ce moment-là, un éclair de lucidité semble parcourir leurs esprits (sans doute en se rendant compte que l’heure de concert arrive bientôt à sa fin) et c’est ainsi qu’ils décident de nous expédier tous les classiques comme « Pretty Fly (For a White Guy) », « The Kids Aren’t Alright » et « You’re Gonna Go Far, Kid ». Bien évidemment, nous avons droit à quelques blagues en cours de route et même à des ballons géants qui parcourront l’ensemble du chapiteau. Le set (ou plutôt le calvaire) prendra fin sur la bondissante « Self Esteem » que tout le monde aura joyeusement repris en chœur. En somme, je veux bien qu’ils soient vieux et qu’ils ont besoin de reprendre des forces entre les chansons, mais là, leurs prises de parole étaient beaucoup trop nombreuses au point de concurrencer Fred Durst, c’est dire ! On ajoute à ça des vocalises plus qu’approximatives et une gestion de la setlist catastrophique (11 morceaux complets joués en une heure c’est bien, sauf quand les morceaux font 3 minutes !!), et on obtient une prestation décevante qui n’est pas à la hauteur de leur légende. Bref, je vais m’arrêter là, mais clairement, ce n’était pas un bon jour.
A l’instar du jour précédent, je retourne directement au camping à la fin du concert, afin de reprendre des forces et me préparer psychologiquement pour la dernière journée qui m’attend. Bien que ce vendredi m’ait réservé beaucoup de surprises et de bons moments, je garde une certaine amertume concernant les vieux groupes de Punk qui m’ont déçu au plus haut point. Pour rattraper tout ça, la journée du samedi me réservait quelques grosses claques, dont une tête d’affiche qui assure encore en live. On se retrouve donc au prochain épisode…
Remerciements au Jera on Air pour l’accréditation et à Jürgen pour les photos.
Vous pouvez retrouver l'ensemble des clichés pris par Jürgen juste ici : PHOTOS DU VENDREDI
Curselifter
Allt
Gridiron




Annisokay






