Que Soilwork se rassure donc, les premiers rangs se remplissent déjà correctement quand vient l’heure (relativement anticipée) de monter sur scène. Avec une question qui nous taraude : est-ce que Soilwork se plait à assurer ainsi les ouvertures de luxe pour ce type de tournée , eux qu’on retrouvait déjà dans telle configuration il y a tout juste deux ans en compagnie d'Arch Enemy et In Flames, et qui ont plus . Le temps des shows en tête d’affiche semble loin, ce que l’on peut déplorer après 30 ans de carrière. Il faut dire cependant que les albums se suivent et se répètent et ne permettent plus aux Suédois de se démarquer. Or, ce n’est malheureusement pas le show de ce soir qui va permettre à Soilwork d’accroitre sa fanbase, tant on en ressort déçu. Entre le light show du pauvre et le son très moyen (beaucoup de basse, chant sous-mixé) , la réponse du public reste timide malgré l’énergie déployée par le groupe et une fin concert plus convaincante (Stålfågel, une de leur meilleure compo ‘récente’, et le classique Stabbing the Drama). Espérons les revoir un jour dans de meilleures conditions et armés d’une setlist d’un autre calibre.

Plus d’un an et demi depuis le concert en ouverture de BFMV et Trivium, Orbit Culture reste une de mes énigmes non résolues. Hermétique à leur succès, j’attends toujours d’avoir ce fameux déclic, mais cela ne sera pas pour ce soir. Certes au niveau de la prod on passe clairement un level par rapport au groupe précédent. Certes le riff de The Storm fonctionne très bien. Mais je garde toujours cette impression qu’il manque quelque chose : un vrai refrain par ici, un break plus novateur par là. A ce niveau je trouve même qu’un groupe comme Dagoba, auquel Orbit Culture me fait toujours penser, faisait mieux à ses débuts. C’est dire. Reste que le succès rencontré ce soir est réél : la réponse du public semble majoritairement positive et il y a fort à parier qu’on retrouvera les Suédois en tête d’affiche dans le club voisin sous peu.

Après ce début de soirée en demi-teinte on attend donc beaucoup de la tête d’affiche de ce soir. Côté production et décor, le contrat est pleinement rempli. Amon Amarth a déployé en effet ses meilleurs atours, à commencer par ce décor gigantesque (têtes de drakkar, arche, colonnes), cette toile animée, deux magnifiques colonnes de spots sur les côtés, et parfois quelques figurants façon théâtre. Clairement, le set-up en jette.
Sans surprise, c’est Gjallarhorn qui introduit ce concert, premier des cinq extraits de The Allfather Awakens joués ce soir. Ils semblerait que la bande à Johan y croit à ce nouvel album ! Le singalong repris par le public en fin de morceau semble en tout cas leur donner raison, même si le classique War of the Gods qui prend le relais juste derrière produit un plus grand effet, bien aidé en cela par la pyro. Johan laisse ensuite la clameur monter de la fosse puis s’adresse en Français à ses fans afin d’introduire l’antique Death in Fire. Un joli changement de toile de fond accompagne ensuite élégamment Free Will Sacrifice, l’occasion de souligner l’attention particulière portée au son, qui permet de distinguer bien nettement les riffs mélodiques de nos vikings préférés. Les "Amon Amarth" fusent, et le groupe en profite pour revenir sur son dernier album via son morceau éponyme, animations (made in IA ?) à l’appui.
Seul détour par l’excellent With Oden on our Side, Hermod's Ride to Hel - Lokes Treachery, fait plaisir et montre une belle utilisation de la video, avant que le public ne s’adonne à la désormais traditionnelle séance d’air-aviron sur Put Your Back Into the Oar. We rules the Waves répond alors presque mot pour mot à cet épisode filmé depuis le premier rang, auquel succède l’arrivée d’archers-pyro pour One Thousand Burning Arrows.

Puis c’est l’instant bœuf/recueillement avec le très étonnant Upphaf, dont on se demandait à l’écoute sur album s’il serait joué live. La réponse est donc positive, setup très particulier à l’appui pour un moment plutôt réussi. Amon Amarth relance ensuite la machine avec Guardians of Asgaard, et ses fameuses statues disposées en fond de scène. Clairement les Suédois semblent vouloir en donner pour leur argent à leurs fans et ne s’arrêtent plus : Shield Wall, Eight Legs of Thunder, Raise Your Horns, For Victory or Death se succèdent et confèrent à ce menu un côté roboratif presque too much. C’est que le concert n’est pas fini puisque The Way of Vikings, Saxons and Vikings et l’inévitable Twilight of the Thunder God animent le rappel d’un concert auquel il est difficile de reprocher quoi que ce soit mais qui aurait peut-être gagné en efficacité avec une setlist plus équilibrée. Amon Amarth reste en tout cas en top forme et nul doute qu’on les reverra partout l’été prochain !
Remerciements à la Rockhal pour l'invitation
Crédits photos : deadly sexy Carl

Amon Amarth
