Le compteur s'est arrêté, hier, à 55.000 personnes et on est bien parti pour battre de nouveaux records d'affluence (150.000 sur 3 jours) atteints l'an dernier.
Quoiqu'il en soit, il est devenu presque surhumain d'assister d'un bout à l'autre des concerts sous chapiteau tant la chaleur s'abat sur nos épaules telle une chappe de plomb.
Cela n'a cependant pas empêché les Américains de Walls Of Jericho d'assommer encore un peu plus un public qui n'en demandait pas tant. L'excentrique chanteuse Candace Kuksulain a voyagé de chaque côté de la scène. Il n'est pas habituel de voir une nana dégager un tel niveau de violence et d'énergie. Et pour ne rien gâcher, la fille communie tout le plaisir qu'elle prend avec son public. Réellement impressionnant et dévastateur même pour les oreilles peu rouées (comme les nôtres ;-)) à ce genre d'exercice sonore extrême.
Sous l'autre chapiteau, Cannibal Corpse n'est pas apparu au sommet de sa forme même si le public a plutôt bien réagi au son des "Time To Kill Is Now", "Born In Casket" ou autre "Blood Drenched Execution"... Une véritable tuerie même si George Fisher paraissait, lui aussi, victime de la chaleur ambiante. Ceux qui n'avaient encore jamais eu l'occasion d'assister à un concert de Cannibal Corpse en auront eu pour leur argent.
La bonne surprise du festival fut incontestablement le groupe de death metal Carcass. Appelés à remplacer Mastodon sur la main stage au pied levé, les britanniques ont conquis l'audience de la plaine campinoise à coups de riffs qui resteront longtemps gravés dans les mémoires collectives. Le groupe qui s'est récemment reformé après quatre années de silence a visité l'ensemble de son répertoir avec beaucoup de brio. Jeffrey Walker, le bassiste et chanteur du groupe, n'hésita pas à plaisanter avec le public en lui disant "Sorry mais on n'a pas souvent eu l'habitude de jouer aussi tôt et dans la lumière mais nous nous excusons car nous ne sommes pas Mastodon mais nous allons essayer de vous apporter encore plus de plaisir..."
Mission totalement accomplie!
La grande scène n'était pas trop grande pour Carcass mais peut-être un petit peu trop petite pour Slash. L'ancien guitariste des Guns n' Roses détient en Myles Kennedy un chanteur de premier choix, capable d'interpréter les vieux titres des Guns ("Nightrain", "Sweet Child O' Mine", "Paradise City", ...) avec autant de bonheur que ceux qu'il interprète ("Starlight") sur l'album solo de Slash récemment sorti. Du grand art comme seul un guitariste aussi génial que Slash est capable de faire. Et si vous voulez en savoir un peu plus encore n'hésitez pas à lire son interview dans la rubrique adéquate de votre site préféré ;-)...
Considérés comme les rois de la scène hardcore new-yorkaise, les membres de Sick Of It All a, une fois de plus, amplement justifié son titre. Il aura été en totale fusion avec son public et a attiré beaucoup de curieux à connotation plutôt metal car la scène harcore, toujours bien représentée au Graspop, suscite toujours une certaine fascination auprès de tous. Le groupe s'est évertué à interpréter ses classiques; ce qui est toujours la recette gagnante face à ce type de public.
Paradise Lost, sous le Marquee 1, n'aura pas utilisé d'autres ingrédients pour obtenir un résultat similaire même si les citoyens du Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre, se produisait face à un public déjà acquis à sa cause. Néanmoins, on regrettera, ci et là, les traditionnels problèmes de justesse dans le chant de Nick Holmes. Fort heureusement, les riffs de Greg Mackintosh, soutenus par une rythmique efficace et un lightshow somptueux, auront permis aux fans gothiques de Paradise Lost de se délecter des "As I Die" ou "So Much Is Lost"...
Il est l'heure maintenant de nous munir de notre attirail de metalleux (bières, frites, casquettes jupiler, ...) pour aller soutenir nos compatriotes de Channel Zero....
@+

Walls of Jericho

Carcass



Channel Zero