Sorti de l'ombre en 2012 à l'occasion de la sortie de Cracks, son premier album, le quintet s'extirpait pour la deuxième fois de sa Principauté natale et nous revenait en 2015 avec une deuxième plaque, Mont Royal, qui n'a eu pour autre résultat que de confirmer cet élan de maturité et de simplicité qui caractérise le groupe.
Qu'on se le dise, avec ce deuxième album, les Liégeois nous ont balancé une sorte de petite pépite qui, sans forcément exploser les standards des genres abordés, fait partie de ces disques qui ne décollent pas facilement de votre platine une fois qu'il y ont été mis. Étonnant et envoûtant, Mont Royal jouit d'un équilibre quasi parfait qui n'est sans doute pas le fruit du hasard quand on apprend que c'est un certain Luuk Cox (producteur des Girls in Hawaii, mais aussi d'un certain Stromae) qui se cache derrière les manettes.

Entre mélancolie et insouciance, Roscoe entame son set par "Night", titre épique qui coupe en deux son nouvel album. Humble et timide, Pierre Dumoulin (chant/guitare) n'a pas la voix qui tremble et, après trois titres, ose enfin saluer l'assemblée sagement entassée dans l'AB Box. Bien rangés derrière leurs instruments, les musiciens maîtrisent clairement leur sujet sur le bout des doigts. On regrettera seulement ce sentiment de paralysie qui semblait les avoir atteint, peut-être dû à une envie de trop bien vouloir faire les choses. Toujours est-il que Roscoe enfile les titres les uns à la suite des autres et pioche tant dans son premier que dans son deuxième et nouvel album.
Au terme d'une prestation qui aura indiscutablement manqué d'un brin de folie, mais dont le groupe n'aura certainement pas à rougir, Roscoe salue son public après un rappel de trois titres et s'en retourne derrière les étoiles qui tapissent les draps de velours de l'AB Box. Et si sur album le quintet flirte avec la perfection, en live c'est avec la mention "bien, mais peut mieux faire", qu'il s'en sort. Mais qu'on se le dise, voilà un jeune quintet dont le potentiel n'est qu'exponentiel!
Roscoe
