Pour cette soirée placée sous le signe des réverbérations électriques, c’est le groupe Mild High Club qui se charge d’ouvrir les hostilités. Le projet d’Alex Brettin nous propose une musique pop psychédélique axée sur des mélodies hypnotiques, le tout accompagné de savoureuses nappes de synthés. Son album « Timeline » se situe quelque part entre la période White Album des Beatles et la synth-pop des années 80. Un moment planant et agréable.

Le Roi Gésier et Le Magicien Lézard… Sérieusement ? Même Lewis Carroll en plein trip n’y avait pas songé ! Et pourtant, ces sept lascars venus tout droit du soleil australien l’ont fait ! Un groupe avec un nom aussi ridicule qui remplit les clubs, c’est forcément louche. Depuis quelques années, le pays des Kangourous a enfanté de nombreuses formations psyché/garage : Tame Impala, Pond, The Frowning Clouds, The Drones, Murlocs et j’en passe… Tous ayant récolté des succès divers. On assiste désormais à un nouvel âge d’or et au boum de la scène « down under ». Signés sur le label de John Dwyer (Thee Oh Sees), King Gizzard & The Lizard Wizard n’échappe pas à la règle ! Sept albums et de nombreux EP en six ans d’existence ! A part le lutin bourreau de travail Ty Segall, qui dit mieux ? Mais si leur discographie a pu en déconcerter plus d’un avec des passages prog, un album plus axé jazz (« Quarters ») (quatre morceaux de 10min10sec : bonjour le concept !) ou encore un album axé pop acoustique qui démarre par un solo de clarinette (« Paper Mâché Dream Balloon »), le combo australien n’a jamais laissé de côté son influence rock garage et ses joyeusetés kaléidoscopiques. Et ce soir, le groupe nous fait le plaisir de miser uniquement sur ses morceaux les plus remuants. Deux batteurs, trois guitaristes-vocalistes, un bassiste groovy et un claviériste-harmoniciste nerveux, le tout combiné à des projections hallucinogènes toutes en formes et en couleurs : la recette miracle pour le voyage astral qui s’annonce.

Le concert démarre avec Head On/Pill, un morceau de 16 minutes aux sonorités orientales et envoûtantes. Une bonne mise en jambe avant le déferlement annoncé par Robot Stop/Hot Water. Avec Hot Wax issu de l’album « Oddments », le leader Stu Mackenzie se métamorphose en robot qui aurait trop forcé sur l’hélium. Le concert semble prendre des allures de rock lo-fi. Pour peu de temps, car arrive ensuite l’hallucinant Trapdoor qui flirte avec le krautrock. Les instruments dissonent, la voix nasillarde de Stu est soulignée par une flûte agitée tandis que le reste du groupe propose une envolée cosmique d’une aisance mélodique absolument dingue. Avec The River, les Australiens calment le jeu avec une série de distorsions apaisantes accompagnées par des crocodiles (référence au Lézard) et tortues sous forme de dessins animés. Des morceaux inédits sont également joués ce soir. Ceux-ci paraîtront certainement sur leur prochain disque, « Nonagon Infinity », dont la sortie est prévue pour mai 2016. Le show est ponctué par les quatre premiers morceaux de leur méfait le plus psyché, « I’m In Your Mind Fuzz » sorti en 2014, le plus gros succès du groupe à ce jour. Même rythme, même riff obsédant, solo d’harmonica, hurlements, feedback, guitares arabisantes. Stu Mackenzie en bon patron embarque la salle pour une dernière ruée à la sauce LSD. Devant la scène, ça se bouscule et ça slamme gentiment. Le groupe prend le temps de remercier l’assemblée avant de nous quitter après 1h20 de show sous les acclamations méritées. Malgré un rappel insistant, il ne réapparaîtra pas : dommage…

L’expérience King Gizzard & The Lizard Wizard a tout d’un mélange détonnant et addictif. Ces gars-là proposent quelque chose d’excitant, saturé à l’excès mais terriblement cohérent. On se perd dans un tourbillon de fuzz, surf, blues, psyché et rock. La suite de leur carrière s’annonce prometteuse et on se réjouit d’ores et déjà de les revoir dans de plus grandes salles.
Setlist
Head On/Pill
Robot Stop / Hot Water
Hot Wax
Gamma Knife
Trapdoor
People-Vultures
The River
Evil Death Roll
Danger
I'm In Your Mind
I'm Not In Your Mind
Cellophane
I'm In Your Mind Fuzz
Photos live : Imke van Steenkiste en IndieStyle (Bedankt !)
http://dotcollections.tumblr.com/photos
http://www.indiestyle.be/
Tame Impala
Thee Oh Sees