C’est dans un silence de cathédrale que la bande à Hanson fait son entrée sur scène. Ce dernier, vêtu d’une longue veste à la Columbo, accorde sa guitare et joue quelques accords à un volume excessivement bas. Et puis… c’est l’explosion orchestrée par Fire On The Moutain, une sorte de spasme proto-metal combiné à un mix progressif-folk où la voix haut perchée d’Hanson est à des années-lumière de la ligne de basse infernale de Lee Landey. Le tout est entrelacé par des synthétiseurs lumineux et coupé par un irradiant solo de guitare. Grosse entrée en matière ! Mais pour l’heure, c’est bien le dernier album, « 1000 Days », qui sera mis à l’honneur. Habitué à un rock garage/shoegaze, le groupe opte désormais pour la voie d’un rock/folk psychédélique moins sauvage ce qui va nous laisser légèrement sur notre faim. Mais comme le psychédélisme et les distorsions font souvent bon ménage, on retiendra tout de même un Lower Order bien fuzzy et un tourbillonnant Grave Robber. Au cours du concert, tout en se réaccordant, Cory Hanson nous fera part de sa tristesse concernant l’annonce du décès de Leonard Cohen.
Le 60’s Paintings Are Dead côtoie Stolen Footsteps, electro-pop presque cold wave à la beauté étrange et à la mélodie envoûtante tandis que le planant Melted Rope nous renvoie à l’univers cher au Ty Segall des débuts, un monde doucereux et contemplatif. Reaper Invert exalte, quant à lui, une ambiance trouble et vénéneuse à l’inverse de Flying Golem, berceuse surréaliste aux relents psyché. Tout ceci aurait pu être tout à fait cohérent s’il n’y avait cette infâme reprise du Barstool Blues de Neil Young, anecdotique et pas du tout nécessaire ici… Un court rappel et le groupe nous revient sur scène pour une dernière claque monumentale : le tortueux Self Hypnosis In Three Days. Au programme : guitare lourde, saturée et oppressante en contraste avec la voix aiguë et éthérée d’Hanson, un pilonnage sans pitié qui aurait bien plu à Syd Barrett et son Pink Floyd de l’époque. Wand nous quitte le sourire aux lèvres, reconnaissant de l’accueil qui lui a été réservé.
Le groupe incarne un pont entre le délicat et le dissonant. Leurs chansons peuvent débuter par des voyages mystiques à travers un ciel nuageux où le rêve est permis avant de se transformer soudainement en nuages menaçants et tempétueux. Un ensemble mouvementé dont on se délecterait des heures entières. Mission accomplie au cœur d'un Vk comblé !
Remerciements au Vk

Thee Oh Sees


Pink Floyd