Trepaneringsritualen, annoncé en ouverture de cette tournée, fait figure en revanche de parfait inconnu, pour moi en tout cas. N’ayant pas écouté la moindre note de la musique du bonhomme, je m’efforce tout de même d’arriver à l’heure pour ledit set... un effort que je ne suis pas loin de regretter quand je finis par réaliser que
1/ oui, il est vraiment seul sur scène avec ses samples
2/ oui, la musique produite est juste ultra soporifique, sorte d’Ulver au rabais, le chant en moins, les grunts et autres spoken words en plus.
Il y a manifestement un concept, mais qui me passe totalement au-dessus. La salle se vide aussi vite que la tournée risque d’être longue pour le bonhomme...
Schammasch avait en revanche laissé une impression nettement plus positive au public de la Kufa depuis son passage en compagnie d’Inquisition et de Rotting Christ en novembre 2016. Le decorum est en place (on est de toute façon dans le thème à capuche et à soutane pour Batushka ensuite) et le son est bon, mais le concert peine à démarrer réellement. Et ce, notamment en raison d’une première compo faisant figure de longue intro et dont on attend – en vain – un quelconque break. Mais au fur et à mesure la mayonnaise finit par prendre et on se rend surtout compte que Schammasch mise encore plus qu’auparavant sur l’ambiance qu’il essaie de poser, un effet assez lié à la direction prise par le dernier album d’ailleurs. A noter également la très bonne tenue de la section rythmique malgré les complications accumulées durant la préparation de cette tournée, c’est le moins que l’on puisse dire.
Depuis le buzz généré par la sortie de Litourgiya, Batushka trace sa route au sens propre comme au figuré, participant à quantité de festivals depuis bientôt deux années, et se lançant en ce début 2018 dans la troisième partie de son « European Pilgrimage ». Le risque ? Lasser un public qui n’aura eu en tout et pour tout qu’un seul album à se mettre dans les oreilles, et auquel le même show (certes baroque) aura été servi à chaque apparition.
On retrouve ainsi les ingrédients déjà servis par Batushka l’année dernière à Arlon devant un public à peu près aussi nombreux : une arrivée très théâtrale, un décor travaillé jusqu’à la moindre bougie, l’encens, les costumes (bien entendu) et cette représentation globale d’une messe orthodoxe travestie en ode au Malin, ou l’inverse. Ce rendu visuel vu et revu produit toujours son petit effet, même si, comme attendu cet aspect de « déjà vu » commence à autant desservir le groupe maintenant qu’il avait pu (au contraire) contribuer à sa rapide renommée. Et si le son est peut-être moins cristallin qu’il ne le fut à l’Entrepôt, difficile, malgré ces critiques, de bouder son plaisir à l’écoute des différentes mélodies issues de Litourgiya : en moins d’une heure, toutes les compos (ou presque) y passent, pour le plus grand bonheur des fans présents, et comme un rappel cinglant de ce que fut la réussite de cet album.
Au final, impossible de dire que l’on a passé un mauvais moment, bien au contraire. Batushka reste un groupe à part (malgré la profusion actuelle de capuches sur la scène Black Metal), captivant, dont le rendu live fait clairement justice au petit coup de génie studio. Mais il est temps, il est grand temps, de songer à l’album numero deux. Au boulot !
Remerciements à la Kulturfabrik

Batushka
Ulver
Schammasch
Inquisition
Rotting Christ