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Durbuy Rock Festival

Nous ne nous étions pas encore intéressés aux coulisses d'un festival


Jeudi 14 avril 2011

Cela fait 15 ans que la région de Durbuy s'éveille aux décibels le temps d'un WE. Devenu un incontournable du Rock Dur, le Durbuy Rock Festival nous ouvre ses portes et nous dévoile les coulisses de la prochaine édition (13 et 14 mai à Bomal Sur Ourthe). C'est Bernard, programmateur du festival qui officie comme guide.





Ces 13 et 14 mai, ça sera la 15ème édition du Durbuy Rock Festival. Selon vous, quels sont les moments et temps forts de cette édition ?

C’est comme demander à un papa ou une maman de choisir un de ses enfants, tous les groupes ont été mûrement choisis et tous valent vraiment la peine, maintenant, à titre personnel, je dirais que –inévitablement- toutes les têtes d’affiche sont des moments forts et fort attendus, surtout Triptykon
Triptykon


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qui va jouer 90’ et qui ne fait pas souvent des concerts, Korpiklaani
Korpiklaani


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promet aussi beaucoup et ils vont jouer un long set aussi, plus long qu’à la Pagan fest où ils ont déjà cartonné ; au niveau découverte, je me réjouis de (re)voir My Own Private Alaska
My Own Private Alaska


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et Jucifer
Jucifer


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, je suis curieux de voir ce que va donner Deviate
Deviate


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après une si longue absence… Beaucoup de temps forts et beaucoup de groupes qui ne sont jamais venus au DRF et qui ont un nouvel album à défendre…



Aurons-nous droit à une évolution particulière pour cette 15ème comme ce fut le cas pour la 10ème ?

Non, il y a juste un 26e groupe, c’est Svart Crown
Svart Crown


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qui accompagne la tournée de Septicflesh
Septicflesh


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, on ne pouvait pas ne pas trouver une place pour eux en plus ! Sinon, on ne change pas une formule qui a fait ses preuves depuis si longtemps, 26 groupes en alternance sur 2 scènes et 2 jours ; chez nous on peut tout voir ! Le site est cosy, on est loin des grands rassemblements de foule, on reste très convivial et à taille humaine.





Le Durbuy Rock Festival se tient dans le charmant petit village de Bomal Sur Ourthe. Pourquoi avoir choisi cet endroit ? N’est-ce pas un peu compliqué pour amener le public jusqu’à vous ?

C’est clair que si on était près de Bruxelles ou en Flandre, on aurait le double de spectateurs à chaque fois, mais c’est ce qui fait aussi notre spécificité, on est à la campagne, avec un camping au bord de l’Ourthe, et on double la population du village sur un week-end ! Ceci dit, on est à moins de 2h en voiture de Cologne, Eindhoven, Metz, Valenciennes ou Anvers et on a une gare juste à côté du festival, donc c’est pas le bout du monde non plus ! Le plus gros de notre public vient de la province de Luxembourg et de la région liégeoise, on est qu’à 40 km de Liège.



Cette 15ème édition du Durbuy Rock Festival affiche une tendance très Métal au niveau de sa programmation. Au gré des éditions, vous avez régulièrement changé la couleur musical tout en restant dans le rock dur (Hard Core, Néo-Métal, Rock’n’Roll, Punk et Ska, Electro Indus…) Pourquoi ces variations ?

Si tu remontes au tout début du festival, on avait même de la pop et du rap ! Le but était de présenter un éventail de musiques « pour les jeunes », puis on s’est spécialisé dans le rock « dur », car c’est ce que les jeunes du coin aimaient le mieux. Mais j’ai toujours voulu garder la porte ouverte sur une certaine diversité, un peu en fonction des opportunités, car peu de gens se doutent de la difficulté d’attirer des têtes d’affiche à des prix raisonnables… On essaye toujours d’intéresser plusieurs « tribus », car si on se spécialisait en hardcore ou en folk métal, on aurait qu’un type de public et donc pas assez de gens pour rentabiliser le festival…



Chaque année, à l’annonce de la programmation, il semble y avoir éternellement des insatisfaits. Pourriez-vous nous expliquer les contraintes et difficultés que vous rencontrer pour constituer votre affiche ? Je suppose que le fait d’être coincé entre le Groezrock et le Graspop ne vous aide pas.

Oui, ce n’est pas évident, les tout gros festivals demandent des exclusivités sur presque tous les groupes et grandissent d’années en années, puisqu’ils tuent complètement toute concurrence. Au niveau européen nous restons un petit festival, on a pas les reins assez solides pour rivaliser avec les tout gros et notre capacité est de toutes façons assez limitée. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le fait d’être à notre 15e édition ne facilite pas les choses, au niveau des têtes d’affiche, c’est plus dur chaque année, c’est une lutte sans merci… des centaines de mails de recherches et de négociation… Mais bon, quand on arrive à un bon résultat comme cette année, on espère que le festival va enfin décoller.





Avez-vous déjà envisagé de changer la date du festival ?

On est bien installé comme premier festival de la saison « avec camping » en Wallonie, je ne crois pas que changer la date permettrait d’avoir de meilleurs groupes ou plus de monde, il y a des festivals tout le temps maintenant… L’équipe du DRF a lancé un autre festival en octobre, c’est la Guerre des Gaules, sur Liège, peut-être aussi à Bruxelles pour cette 3e édition, on ne va pas se faire de la concurrence à nous-mêmes ;-)



En 15 ans, on a vu l’apparition et la multiplication des festivals un peu partout. Que pensez-vous de ce phénomène ?

Je suis aussi agent et régisseur, donc plus il y a de festivals et de concerts, plus il y a des possibilités pour placer des groupes, mais c’est vrai que peu de festivals arrivent à durer. Beaucoup croient que c’est facile, que ça va tout seul, du coup, beaucoup se cassent la gueule ou arrêtent faute d’énergie. De toutes façons, ce sont les meilleurs qui restent… C’est le public qui décide…



De nombreuses personnes pensent que pour organiser un évènement ou un festival, il suffit de choisir les groupes à l’affiche. Pourriez-vous nous expliquer quelles sont les autres contraintes dans l’organisation d’un festival comme le Durbuy Rock Festival ?

Ca prendrait trop de temps pour répondre à cette question, mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut avoir une bonne expérience et donc commencer « petit », puis franchir les étapes petit à petit, s’entourer d’une bonne équipe, de gens « de métier », obtenir le soutien des autorités locales, il y a le financement qui reste le nerf de la guerre, il faut solliciter des sponsors, des pouvoirs subsidiants, assurer la promotion, gérer l’infrastructure, les bénévoles, l’accueil des groupes et du public… C’est en forgeant qu’on devient forgeron.





Mais il faut quand même choisir des groupes… comment vous y prenez-vous ?

Pour les groupes en devenir, il y a les tremplins auxquels il faut s’inscrire vers septembre-octobre en envoyant un cd demo 3 titres. Pour les groupes « internationaux » et les têtes d’affiche, on sollicite les grosses agences et pour les plus petits groupes, ce sont les plus petites agences nous sollicitent, selon la loi de l’offre et de la demande. J’ai aussi un réseau de conseillers qui me font des propositions et je centralise tout ça en essayant de garder une certaine cohérence dans la programmation et dans les budgets qui me sont alloués. En fait, je ne suis pas un spécialiste du rock dur à la base, mais mes goûts perso ne rentrent pas tellement en compte, j’ai toute une série de critères –ce serait un peu long à expliquer ici, peut-être aussi trop indiscret- et j’ai également droit à mes coups de cœur. Là aussi, l’expérience est à mon avis primordiale (merde, j’espère que je ne parle pas comme un vieux con ?).



Deux jours de festival et son organisation nécessitent combien de bénévoles ?

Pas tant que ça, en fait, comme on reprend souvent les mêmes d’une année à l’autre, on a des bénévoles qui travaillent beaucoup, car ils sont très motivés et très bien accueillis. Donc, on a une grosse cinquantaine de bénévoles sur les 2 jours.



En 15 années d’expériences, vous devez collectionner les anecdotes, les bons et mauvais souvenirs… Pourriez-vous partager avec nous un moment mémorable et une grande déception ?

Un moment mémorable, c’est quand en janvier 2009, l’agent de Cradle of Filth
Cradle of Filth


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me propose par téléphone de les ajouter à l’affiche alors que ce n’était pas initialement prévu. Pratiquement tout se fait par mail depuis quelques années, mais là c’était un coup de fil assez extraordinaire. D’autant que d’habitude, c’est moi qui doit solliciter (supplier) les têtes d’affiche et que bien souvent, on a même pas de réponse…
La grosse déception, c’est peut-être quand on m’a proposé NOFX
NOFX


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pour 1 millions de francs belges (ça date !) et que je n’ai pas voulu prendre le risque de mettre une telle somme sur la table, alors que ça aurait pu nous ramener énormément de gens, mais bon, tout le monde disait qu’avec Cradle of Filth
Cradle of Filth


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, on allait faire « sold out », ce ne fut malheureusement pas le cas…





Depuis l’année passée, vous organisez des tremplins pour sélectionner les groupes belges qui ouvriront les deux jours du Durbuy Rock Festival. Pourquoi avoir choisi ce mode de fonctionnement ?

Ca permet de mettre en évidence une douzaine de groupes et de les voir « pour de vrai », sur scène, car une bonne démo ne veut pas nécessairement dire un bon concert. Ca permet aussi de faire une discrimination positive pour les groupes de la Communauté française à qui ces tremplins sont réservés, car on a du mal à renouveler les groupes « durs » chez nous, ce sont toujours les mêmes qu’on met à l’affiche, car il y en a peu qui ont le niveau « international » ; c’est donc une façon de mettre en évidence les groupes de chez nous…



Enfin… on peut vous souhaiter combien de spectateurs cette année ?

Ca fait 15 ans qu’on attend notre premier « sold out », qui sait ? Ca fait 7 ou 8 ans qu’il n’a plus fait vraiment beau au DRF… Avec un soleil enfin radieux, on espère entre 3000 et 4000 personnes sur les 2 jours. Pour ce faire, on a d’ailleurs gardé les mêmes prix depuis 3 ans, y compris la bière et le Jägermeister à 2€ seulement !

http://www.durbuyrock.be
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