Les Héllènes ont en effet vu les choses en grand pour le 7e album de leur discographie. Le guitariste Christos Antoniou s'est remis aux études pour apprendre et maîtriser les bases de la musique classique. C'est d'ailleurs lui qui s'est arrangé de toutes les orchestrations philarmoniques plus omniprésentes que jamais.
Et pour réaliser un projet musical aussi ambitieux, il fallait bien s'attacher les services d'un orchestre de renom. C'est chose faite puisque les Grecs ont jeté leur dévolu sur l'orchestre philarmonique de Prague pour exécuter leurs ambitions démesurées...
Et le résultat est à la hauteur des attentes. Même si certaines orchestrations semblent parfois trop faciles, on pense ici à "Pyramid God", d'autres frôlent la perfection comme sur "Oceans Of Grey". Si bien qu'à certains moments, l'auditeur croit vivre en direct une scène apocalyptique.
Septicflesh n'a jamais fait les choses comme les autres groupes et ce nouvel album le démontre à maintes reprises. Les Grecs manient violence, puissance et chant guttural sans jamais verser dans un style qui se montre parfois trop éculé.
Le duo de guitaristes se complètent admirablement bien. "The Rising", titre aux sonorités plus heavy, démontre que le groupe ne s'est pas contenté d'aligner les riffs sans y mettre son âme. Septicflesh a la faculté de pouvoir s'exprimer sur tellement d'univers différents qu'il est difficile de lui coller une étiquette particulière. Et c'est cette richesse de sons qui font de ce groupe, une excellente formation de metal dans tout ce qui a de plus noble dans le genre.
Car les Grecs parviennent à restituer une ambiance qui leur est propre et de laquelle on peut difficilement sortir indemne.
Ainsi, l'atmosphère d'un titre comme "The Undead Keep Dreaming" est réellement flippante. La double grosse caisse vous enfonce dans vos souvenirs les plus morbides. Les guitares lancinantes saupoudrent une orchestration qui n'est pas sans rappeler les plus grands standards cinématographiques. Le titre est la parfaite illustration sonore de ce mélange de styles aussi différents que complémentaires.
Doit-on aussi souliger la puissance de la section rythmique qui, pour soutenir tous ces arrangements d'orchestration, martèlent tout sur son passage.
Seth Siro Anton semble être, lui aussi, au sommet de son art. Tant au niveau vocal ("Apocalypse") que du jeu de basse qu'il délivre avec férocité.
C'est le guitariste Sotiris Anunnaki V qui se charge du chant clair.
En conclusion, The Great Mass, se révèle être un album varié, audacieux et convaincant. On n'en demandait pas tant...

Septic Flesh