Ces clochards célestes sludge/doom (duo et amoureux dans la vie) trimbalent leurs matos de concert en concert (on parle de 20 pays par an en moyenne) en écumant les salles et les festivals avec une régularité de double grosses caisses. cette opus démontre une fois encore combien Jucifer a la capacité de se renouveler et de se surpasser en studio malgré le temps passé sur la route lors de tournées interminables.
Clairement, cette cuvée dédiée au peuple de Stalingrad sent le souffre et se décline en 16 titres déroutants, sales et franchement bien ballancés. On perçoit tout de suite ce son lent qui les caractérise mais avec un accent bien plus sludge et vicéral, très proche de celui produit par Rwake notamment.
La voix profonde de Amber Valentine ne s'éclaircit pas d'un chouilla tout au long de ces 16 titres déviant parfois vers des sonorités plus hardcore et black-métal.
On y rencontre aussi des morceaux insturmentaux et des monologues d'une femme parlant en russe comme lors de l'ouverture et de la clôture de l'album.
Une façon semble-il adéquate de créer un album à l'ancienne, racontant une histoire (démoniaque) tout en relief et en rebondissements.
Bref, Jucifer s'hérige avec cette plaque au panthéon des faiseurs d'ambiances maléfiques, dessinant la BO idéale d'un film de danse macabre où Raspoutine et Aleister Crowley se livrent à des rites innomables. D'évidence un album à ne pas laisser entre toutes les mains, car une fois écouté il est déjà trop tard. Le mal vous guette, je vous le dit.

Jucifer