Reportage

Night Fest Metal X : prise de risque payante !

Arlon (L'Entrepot), le 18-10-2019

Dimanche 20 octobre 2019



Relancé il y a maintenant deux ans, le Night Fest Metal devient peu à peu un incontournable de l’année, surtout en Wallonie, terre de bien trop peu d'événements dans le genre. Un rendez-vous très plaisant, fermement noté dans le calendrier alors que les événements d’été sont déjà loin...

Pour cette 10e édition, Cronos ASBL a décidé de prendre un certain risque dans la programmation en se privant de « gros » noms de la scène Black comme Taake
Taake


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ou Belphegor
Belphegor


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si on regarde les deux années précédentes. Cette fois, les choix artistiques recherchent une forme de cohérence autour de plusieurs formations Black à tendance mélo et atmo (cf le quatuor Ultha
Ultha


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Imperium Dekadenz
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Winterfylleth
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Saor
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) sans forcément vouloir miser sur une grosse tête d’affiche à tout prix, même s’il est indéniable que Saor
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est en pleine ascension (et qu'Endstille
Endstille


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a finalement été ajouté en conclusion). Une option clairement payante qui offre une certaine identité à l’affiche de cette année, et qui semble surtout convaincre un public venu en nombre une fois encore.

En effet, alors que j’arrive pile poil pour 1914
1914


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, on m’informe à mon arrivée que Wyatt E
Wyatt E


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et dans une moindre mesure Lethvm
Lethvm


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ont pu ouvrir le festival en début d’après-midi devant une foule déjà dense. Voilà qui est très positif ! Et, effectivement, j’ai peine à m’engouffrer dans les espaces restants de part et d’autres de la console pour assister à la prestation des Ukrainiens, qui attisent manifestement une certaine attente. Pour les non initiés, ils officient dans un Blackened Death/Doom Metal qui n’a rien de bien révolutionnaire si ce n’est son concept entièrement tourné vers la 1ère Guerre Mondiale. Une thématique que l’on retrouve bien évidemment sur scène via les costumes arborés par les musiciens (disons, surtout celui de Ditmar au chant) et les samples tirés des enregistrements studio, notamment le dernier album en date, The Blind Leading The Blind, qui a connu un petit buzz en fin d’année dernière. On reconnait d’ailleurs les quelques effets à base de cornemuse par ici, ou de déclarations guerrière par là, certains cris étant même repris par un public bien motivé ! Il faut dire que la sonorisation rend plutôt justice au style des Ukrainiens, même si l’on retrouve sur scène les mêmes défauts que sur album, à savoir certaines longueurs et un sentiment de répétitivité global. Fort heureusement, le groupe parvient à nous tenir en haleine à l’aide d’une setlist assez variée et des quelques explications de Ditmar concernant ses textes. Un bon concert au final, pour un groupe pour le moment assez rare par chez nous mais que l’on reverra sans doute bientôt (signature sur Napalm Records aidant).

Je profite du changement de plateau pour visiter les quelques stands de merch’ (y compris une distro installée devant la salle) et faire un petit passage à l’inévitable stand de croque-monsieur made in Cronos doté cette année – c’est une première – d’un petit frigo. Le grand luxe ! A quand le jambon bio messieurs dames ?

L’affiche monte directement d’un cran avec les Allemands d’Ultha
Ultha


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, qui ont récemment annoncé vouloir faire un break à l’issue des deux autres concerts qui leur restent à donner cette année. Une occasion inespérée, donc, de les voir avant cette pause/split et une certaine attente aussi, la configuration de l’Entrepôt devant logiquement les servir à merveille. Et c’est effectivement doté d’un son magnifique et de lights rouge du plus bel effet que les Allemands assoient complètement leur auditoire le long de la quarantaine de minutes qui leur sont attribuées. Les poils se hérissent et le sang de place du début à la fin d’un set axé (sauf erreur de ma part) sur Converging Sins et le nouvel EP (Belong), soient 3-4 morceaux (grand maximum) mais faisant étalage du talent et de l’intensité déployés par le groupe. Le public semble d’ailleurs complètement happé par cette prestation, probablement une des meilleures de la journée, si ce n’est la number one. Difficile de rêver mieux pour un au revoir à son public belge…

D’ailleurs, en parlant de l’assistance, difficile de nier que cette édition 2019 du Night Fest a vu se confronter (parfois à la limite de l'échauffourée) deux franges fort différentes de son public : l’une plutôt habituée des lieux et ne voyant pas pourquoi elle aurait tort de se priver de habituel combo « bourrage de gueule / pogo » et l’autre, probablement moins habituée et plus 'Black puriste', venue essentiellement pour profiter de la musique. Ce contraste était particulièrement saisissant durant le concert d'Imperium Dekadenz
Imperium Dekadenz


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, groupe issu de « la Forêt Noire » (présenté ainsi en Français dans le texte) et pas si courant de ce côté de la frontière. La dégaine Black plus classique ainsi que l’ornement scénique renvoie directement vers un Black effectivement « forestier » mais qui ne peut cacher une certaine ambition tant les compos sont travaillées d’intensité et de dynamisme. En cela, les quelques extraits du dernier album en date, When We Are Forgotten, font mouche (notamment Bis Ich Bin et Transcendence) même si la précision chirurgicale du son studio est remplacée ici en live par une certaine puissance, surtout du côté d’une basse très présente - sans que cela soit désagréable, bien au contraire. Bien entendu, les compos plus anciennes fonctionnent tout autant (l’énorme Pure Nocturnal Rome issu de Dis Manibvs ou A Million Moons) et c’est une bouteille de vin à la main que Horaz (qui a tenu à s’exprimer plusieurs fois en Français entre les chansons) nous annonce le dernier morceau avec le très bon Reich der fahlen Seelen qui conclut idéalement cet excellent set, malheureusement marqué par quelques élans de beaufitude dans le public (cf ci-dessus).

J’en aurais en tout cas bien repris un baril ! D’ailleurs, le respect assez aléatoire des horaires annoncés avant le festival suscite bien des questions dans le public, aucun groupe n’ayant pour l’instant démarré à l’heure prévu (on est même plutôt en avance) ou joué autant de temps que prévu.

Peu importe, Winterfylleth
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va consommer au moins le temps qui lui était dévoué pour remettre les pendules à l’heure – en tout cas au sens propre. En effet, si les Anglais jouent un set fort plaisant d’où surnagent leurs « hits » tels que The Divination of Antiquity, The Ghost of Heritage ou l’excellent The Swart Raven, leur prestation renvoie à un je ne sais quoi de plus classique dans le rendu live que les deux groupes l’ayant précédé sur les planches de l’Entrepôt. Non pas que leur set soit mauvais, bien au contraire, mais le chant peut-être plus rude et le son plus sec que sur album confèrent à ce live un côté plus brut que ce à quoi on pouvait s’attendre, même si les samples acoustiques et les quelques passages en chant clair adoucissent évidemment l’ensemble. Un concert somme toute plaisant et prenant mais qui avait peut-être l’inconvénient de passer après les prestations hors normes de Ultha
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et Imperium Dekadenz
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Quelle ascension que celle de Saor
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quand-même ! Démarré comme projet solo et studio uniquement, Andy Marshall s’était finalement résolu aux alentours de 2015 à réunir autour de lui plusieurs musiciens pour jouer live les compos issus de Roots et Aura, ses deux premiers albums remarqués. Au plus grand plaisir de la cohorte de fans conquis entretemps, et qui n’a cessé de grandir depuis la parution de Guardians en 2016 puis Forgotten Paths cette année. Et si Andy (à la basse et au chant) attire en effet la plupart des regards, Lambert Segura au violon suscite plus que de la curiosité, une certaine attente pourrait-on dire, la présence du violon dans la musiques de Saor
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étant plus qu’un simple artifice. A ce titre, on aurait aimé entendre encore plus l’instrument de Lambert, disons au moins que les leads de guitare très mis en valeur, le long de ce concert autrement très réussi. Douce et féerique, l’ambiance durant un concert de Saor
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ne verse jamais dans le folk premier degré cher à une certaine scène mais donne au contraire un certain cachet à des compos qui semblent toutes raconter une histoire par elles-mêmes (les « eh eh eh » étant presque de trop). A ce titre, les morceaux plus anciens semblent même récolter plus de suffrages que les extraits de Forgotten Paths (Andy s’en amuse presque).

Un concert qui génère beaucoup d’applaudissements et qui manifestement fait du bien au groupe après leur set tronqué la veille aux Pays-Bas en raison de problème de transport.
Un moment magnifique dont il est difficile de sortir : la fatigue aidant, je prends la décision de rester sur cette belle image pour clôturer mon Night Fest 2019, sans attendre la prestation tardive de Endstille
Endstille


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Nouvelle édition très réussie pour un Night Fest qui semble en plus gagner en identité : avec un Mean qui s’arrête en 2020 et une relative pauvreté de l’offre musicale en terres wallonnes, nul doute que ce rendez-vous sera à nouveau très attendu par le public l’année prochaine !

Remerciements à toute l’équipe de Cronos ASBL
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