Ce double titre est la première cassette d'une série de six. Le format souligne bien entendu le côté expérimental de ce projet devenu trio et formé de membres issus de THE K, DEUIL et LEAF HOUSE.
La première face est dédiée à Mount Sinai. Une plage de quelques douze minutes qui offre une partie métallique et une autre plus immatérielle. WYATT E. démarre dans l’apesanteur pour s'envoler vers une stratosphère aérienne, faisant évoluer sa composition du Doom au Post-Rock. Cette composition décline donc deux versants du projet et souligne plus particulière un amour pour les nappes superposées.
Aswan, de l'autre côté de la cassette, est finalement plus sombre. Débutant avec un martellement glacial et un souffle inquiétant, ce titre répond plus aux attentes que WYATT E. a suscité sur papier. Plus fournie et consistante, la composition vient carrément chercher l'auditeur dans sa turpitude. Là où Mount Sinai glissait vers une évolution, Aswan grimpe en intensité durant ses quatorze minutes et se clôture avec une fin tangible. Les trois instruments utilisés chez WYATT E. sont exploités de manière bien plus effective.
Ces deux premières interprétations de WYATT E. ouvrent déjà de multiples perspectives quant à la suite avec les prochaines cassettes. Même si ma préférence subjective va indubitablement à une introspection plus noire comme Aswan, les promesses faites avec Mount Sinai et son côté plus céleste avisent aussi de bonnes surprises gardées sous le coude pour les prochains mois.

Wyatt E.
