Comme d’autres salles allemandes du même type, le Kulturzentrum Schlachthof de Wiesabaden fait penser à un vieil hangar réaménagé. Quand nous y pénétrons sur les coups de 19h, les lieux sont encore loin de compter les 4100 personnes attendues ce soir. L’affluence reste cependant correcte pour le début du set de Diablo Blvd..
Les Belges, qui ont annulé leur participation au dernier SpeedFest pour s’ajouter à cette tournée, rentrent d’un pas plutôt déterminé sur scène. Que l’on connaisse ou pas la discographie du groupe, on sent dès le premier morceau que l’on va passer un moment agréable. C’est d’ailleurs ce que proclame le très sympathique Alex Agnew: ''You don’t need to know us, you need to like Heavy Metal''. Effectivement, avec un set très enlevé, rock n roll comme il faut, Diablo Blvd. constitue une entrée en matière fort sympathique. Avec quelques sonorités rappelant parfois Volbeat, leur set entrainant est bien construit, autour de morceaux tantôt rapide, tantôt plus posés. Le son résonne un peu mais reste très satisfaisant pour un groupe d’ouverture. Un statut que prend à cœur Diablo Blvd., qui tient à chauffer l’assistance comme il se doit pour ses nouveaux amis de Machine Head ''aussi sympa en dehors de la scène que sur scène''. Très communicatif, Alex ira jusqu’à offrir un tshirt de remerciement à un fan désigné comme ayant démarré le pit.
Propulsé en support direct de Machine Head suite à la défection de Devil You Know, Darkest Hour bénéficie donc sur cette tournée d’un slot plus avantageux que lors de sa précédente incursion en Europe avec Machine Head pour la tournée Locust, où les nouveaux poulains de Sumerian étaient cantonnés à assurer l’ouverture. De quoi leur donner de l’assurance ? Visiblement très à l’aise dans ce rôle (même si le Also Sprach Zarathustra de Strauss en intro sonne clairement « too much ») et bien motivé, Darkest Hour prend aussi le risque de baser son set sur son dernier album éponyme – un album pas forcément du goût des fans plus anciens du groupe. Pourtant, entre guitares lead à fond de balle, passages purement metalcore et autres envolées mélodique, les extraits proposés (Wasteland, Rapture in Exile, Infinite Eyes et Anti-Axis) passent comme une lettre à la poste et se marient bien avec les deux titres issus du précédent effort (Love as a Weapon et Savor the Kill) intercalés entre ces nouveautés. Néanmoins c’est bien lors de sa conclusion que le set de Darkest Hour atteint son véritable paroxysme, avec l’interprétation très enlevée des cultes The Sadist Nation et With a Thousand Words to Say but One. Toujours aussi bons, ces morceaux restent la définition même de Darkest Hour.
A noter que le groupe, toujours aussi dispo, sera présent après le concert à son stand de merch’ pour des photos et autres dédicaces. A revoir vite, normalement dès l’été prochain !

La salle est désormais pleine à craquer et la circulation devient difficile. Nous parvenons à trouver un endroit bien placé avec une vue plutôt sympathique sur le pit qui ne manquera pas de se former, et sur la scène dont les derniers préparatifs s’achèvent : reprenant l’imagerie de son ambitieux Bloodstone & Diamonds, le décor composé de multiples drapeaux à l’effigie du groupes fait son petit effet.
Il est plus de 21h quand les notes de Diary of a Madman se mettent à résonner dans le Kulturzentrum Schlachthof. Robb & co entrent en scène dès la fin de ce hit made in Ozzy, et entament le concert non pas par l’intro de leur dernier album comme c’était plutôt leur habitude par le passé, mais par Imperium. Le son déjà très bon permet à Machine Head de faire parler sa puissance et d’imposer cette présence toute particulière qui tient beaucoup, il est vrai, au charisme de Robb Flynn. Et quelle ambiance ! Jouant en terrain conquis, devant un pit déjà déchaîné, le concert démarre sous les meilleurs auspices.
Un début tonitruant qui donne le ton pour la suite du show, qui va faire plus que maintenir ce niveau. Si, forcément, on peut ergoter sur les choix de setlist d’un groupe qui possède une discographie très dense et une base de fans scindée en deux approches (le classique débat new school contre old school), l’enchainement d’un tel nombre de hits laisse bouche bé. Beautiful Mourning, Now We Die, Bite The Bullet (dommage de ne pas avoir pris un meilleur extrait de Through The Ashes of Empires cependant), Locust, The Blood, the Sweat, the Tears, Ten Ton Hammer, In Comes The Flood... cette première moitié de concert respire la maîtrise et la force. Les nouveaux morceaux, quoi qu’on en pense, se mêlent admirablement bien aux anciens, et l’impression d’unité qui se dégage de l’ensemble est bluffante.

Vient alors le moment du traditionnel discours de Robb Flynn précédant la semi ballade Darkness Within. Toujours aussi à l’aise pour parler de lui, de son groupe et de ses fans, le frontman sait trouver les mots pour se (re)mettre le public dans la poche. De quoi enchaîner ensuite avec une nouvelle épopée à travers les albums de Machine Head : Bulldozer cotoie Killers & King puis la doublette Davidian (que le groupe ne réserve plus au rappel) / Aesthetics of Hate. Généreux, Machine Head exposera même le très mélodique nouveau morceau Game Over, pas encore joué live jusqu’ici, avant d'achever le pit sur un Old épique, puis sur Halo, qui est peut-être devenu le titre le plus attendu des fans. La conclusion sous une pluie de confettis, du plus bel effet, enfonce le clou : après quasiment deux heures de spectacle, le sentiment diffus d’en avoir pris plein la tronche domine, comme si on en avait presque reçu plus que demandé. Difficile de faire mieux actuellement : charisme, puissance, maitrise technique, le compte y est.
Setlist:
Imperium
Beautiful Mourning
Now We Die
Bite the Bullet
Locust
The Blood, the Sweat, the Tears
Ten Ton Hammer
In Comes the Flood
Darkness Within
Declaration
Bulldozer
Killers & Kings
Davidian
Aesthetics of Hate
Game Over
Old
Halo



