Reportage

Behemoth : la blasphémie a du bon !

Esch-sur-Alzette (Rockhal), le 21-10-2016

Mardi 25 octobre 2016



Behemoth
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n'en finit plus de surfer sur le succès de The Satanist. Paru au début de l'année 2014 après cette période trouble qui a vu Nergal frôler la mort, cet album encensé par la critique (à raison) a donné à Behemoth
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un second souffle aux allures de tornade, lui permettant d'écumer les scènes et festivals du monde entier armé d'un statut réaffirmé - celui d'un des leaders incontestés du Metal extrême européen. Preuve en est de la qualité et du succès de ce disque, Behemoth
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en a rapidement proposé l'interprétation complète le temps de sets spéciaux lors de festivals comme le Bloodstock, avant de l'embarquer pour une tournée dédiée.



Ayant malheureusement manqué l'itération passée par le Trix d'Anvers en début d'année (en compagnie d'Inquisition
Inquisition


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, Entombed A.D.
Entombed A.D.


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et Abbath
Abbath


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, excusez du peu), je me faisais un devoir d'assister à l'acte 2 de cette Europa Blasfemia, non moins gâtée en premières parties de choix puisque Secrets of the Moon
Secrets of the Moon


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et les géniaux Mgla
Mgla
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complètent l'affiche de ce second round. Rendez-vous était donc pris à la Rockhal de Esch, au Luxembourg.



Un rendez-vous à l'arrivée encombrée puisque la polyvalente salle luxembouregoise (qualifiée de « starship » par Secrets of the Moon
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sur sa page Facebook) accueille, comme c'est déjà arrivé par le passé, deux concerts ce soir. Ben Harper se produit en effet dans la grande salle, alors que notre affiche Black occupe le Club. De quoi assurer un mélange de public toujours assez amusant à constater de visu, mais en tout cas mais rien qui ne puisse entacher le moral de l’un ou l’autre des deux camps (et ce, malgré quelques âmes perdues se retrouvant avec effroi en face de Mgla
Mgla
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en lieu et place du compositeur chanteur américain). Clairement cette soirée s'annonce bien et le grand hall de la Rockhal fait le plein, de même que ce stand de merch homérique : Behemoth
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en grand prince du marketing a tout compris et offre une panoplie de tshirts à rendre fou les collectionneurs, tandis que Mgla
Mgla
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s'illustre par la sobriété de ses modèles mais donne une travail dingue à sa merch girl, très sollicitée tout au long de la soirée. Un indice de la popularité nouvelle du groupe polonais, que l'on pourra vérifier un peu plus tard ce soir.



Mais ne brûlons pas les étapes. A la différence d'autres dates de cette tournée, c'est bien Secrets of the Moon
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qui investit la scène en premier lieu dans le silence le plus total, avec quelques minutes d'avance sur le programme communiqué (mais on ne va pas s'en plaindre!). Une scène déjà bien achalandée, peu avare en lights, pour un groupe qui a donc tout le loisir de s'exprimer durant quasiment une heure, preuve que cette tournée mise aussi clairement sur ses premières parties.

Secrets of the Moon
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démarre alors son set de ses rythmes martiaux et de ce chant particulier quoique un peu juste - il le restera ce soir. Le son, sans être mauvais, n'est pas fabuleux mais s'améliore de titre en titre. Montrant profondeur et ambiance, laissant planer tristesse et désenchantement (il faut que je me penche sur ces paroles!), Secrets of the Moon
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délivre un set qualitatif mais auquel il manque quelque chose. Plus de rythme, plus de présence peut-être; reste que leur rendu live peine à passionner sur la longueur, là où leurs essais studio ont tendance à convaincre davantage, tels que Man Behind The Sun, à l’interprétation plutôt réussie ce soir. Secrets of the Moon
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achève en tout cas son set devant une salle déjà bien pleine et réservant un accueil plutôt sympa à un groupe qu'elle n'était pas forcément venu voir en premier lieu.



La longue pause annoncée permet de retourner perdre la tête devant le merch et de se mélanger avec amusement aux fans de Ben Harper (ou comment croiser des connaissances très éloignées de la sphère Metal un soir de concert) avant que les premières notes de Further Down The Nest ne me rappellent illico dans le club. Fort heureusement, Mgla
Mgla
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n'en est qu'au soundcheck, mais les gusses reviennent rapidement cagoule sur le visage pour nous cracher à la gueule leur début de set vindicatif. Comment font-ils pour jouer comme ça ?


(plus tôt cette année à Bruxelles)

Je passe vite sur cette question pour m'interroger sur le son, assez décevant dans un premier temps : la guitare lead manque de peps, et l’ensemble s'avère assez brut - des défauts qui seront corrigés en partie à mesure que se prolonge le set. Si ce rendu sonore s'avère donc un peu trop rèche, on se plait quand-même à se laisser perdre dans le Black Metal desespéré de Mgla
Mgla
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, qui rencontre un fort succès ce soir. Nul doute que de nombreux fans ont fait le déplacement pour ces étoiles montantes, et ce n'est pas les grosses acclamations célébrant les extraits de Exercices in Futility qui me contrediront. Les montées en puissance de I, II et VI sont pures jouissances, et même si on apprécie aussi le répertoire plus ancien du groupe (issue de Groza ou Mdlosci), on ne peut s'empêcher de penser qu'ajouter à la setlist un ou deux extraits de plus de ces fameux Exercices (oui, quitte à faire comme la tête d'affiche de la soirée) aurait encore plus renforcé l'impact de la prestation éclatante livrée par Mgla. Puissant et fascinant, Mgla
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en a encore clairement sous le pied pour asseoir davantage sa domination nouvelle. Cela en devient presque effrayant.



Deux longues premières parties mais le plus gros est encore à venir - pourtant on aurait presque l'impression que la soirée ne fait que commencer. Un bon signe ? Les acclamations marquant l'entrée sur scène de Behemoth
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ne laissent aucun doute sur la raison de la présence ce soir de la majeure partie du public. Plus encore, cette entrée en scène théâtrale, flammes à l’appui pour Nergal, nous montre à quel point c’est aussi un spectacle qui est donné ce soir. Décors chiadés, lights, fumigènes, jeu de scène; tout est réuni pour faire de ce show bien plus qu'un simple concert.


(l’année dernière à Colmar)

Et pourtant je suis bien étonné d'entendre le public, forcément chauffé à blanc par tant d'efforts, donner dans le singalong durant ce premier morceau (Blow Your Trumpets Gabriel), qui rassure fort bien sur le rendu sonore auquel nous aurons droit désormais. Quelle prestance. Nergal and co assurent sans problème leur stature actuelle et nous balancent un set The Satanist de toute beauté, spectaculaire (changements de position, diffusion d'encens, soli endiablés, distribution d'hosties) évidemment marqué par ses moments forts. Citons par exemple Ora Pro Nobis, qui provoque le pit et déclenche un gros succès, ou encore ce morceau éponyme, très attendu, changement de costumes et de backdrop à la clé.



Cependant, dans sa deuxième partie, et malgré tous les efforts déployés, ce set spécial prend des allures de trop grande routine et se risquerait presque à ennuyer. Bien heureusement forcément limité par les contours même de l'album qu'il promeut, nous arrivons vite à sa conclusion, magnifiée par un O Father O Satan O Sun! solennel. Une itération durant laquelle le groupe, affublé des masques effrayants que l’on a pu voir sur certaines photos promos, fait oublier la critique précédemment émise et achève ce premier set homérique d'une main de maître : clairement, on assiste à un moment charnière de la carrière de Behemoth
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, célébré comme il se doit.



Le rappel qui s'en suit se transforme en fait en deuxième set. Nergal sort un peu du carcan The Satanist et s'autorise plus de communication, de sorte que le concert s'aère un peu. Le riff de Conquer All fait très mal, l'intro caractéristique de At The Left Hand ov God excite la foule et le petit moment old scool sponsorisé par Pure Evil and Hate ravit les anciens. Finalement l'idée qui fait jour durant cette fin de concert des plus réussies est que, quand Behemoth
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aura terminé sa figure imposée autour de The Satanist, nous aurons probablement tout autant de satisfaction à les retrouver centrés autour d'une setlist best of, qui reprendra l'ensemble de sa carrière, plutôt que se concentrant sur son époque récente seulement. Dans tous les cas, respect énorme pour cette figure incontournable du Metal extrême qui parvient à remplir et soulever, c'est suffisamment rare pour être souligné, un club de 1100 places, quasi sold out, et complètement acquis à sa cause. Satan doit être ravi.


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