Par conséquent, c’est avec une pointe de scepticisme sur cet aspect que ce nouvel album entrait dans mon lecteur. D’autant qu’AMBER DAYBREAK a encore fait évoluer son jeu. De nouvelles rencontres, de nouveaux horizons musicaux découverts ont encore une fois influencé le groupe namurois. En théorie c’est une bonne chose qui empêche de figer sa vision et qui permet de se renouveler.
Sans doute parce que le groupe est géographiquement proche, je n’ai pu m’empêcher d’observer les accointances et l’évolution d’une scène locale très petite. Alors que musicalement Sentinels est agréable à écouter, une part de moi rencontre des difficultés pour créditer pleinement la démarche du groupe. Il n’y a pas ici un procès d’intention, mais plutôt un constat qui m’amène à craindre (ou tout au moins à douter) que le groupe n’a pas encore acquis une maturité suffisante pour définir pleinement son style. Pour être passé d’un Hard Core plus chaotique à la POISON THE WELL à un Screamo Post-Hard-Core avant ce dernier changement, on est en droit de se demander quelle sera la prochaine version de AMBER DAYBREAK et par quelle évolution contemporaine sera-t-elle influencée.
Pris individuellement donc, ce Sentinels est un excellent album de AMBER DAYBREAK. La production est propre et c’était nécessaire puisque le groupe se lance dans un mélange entre Math-Rock et Screamo. Influencé donc par le succès et sa rencontre avec MUTINY ON THE BOUNTY mais aussi FRANK SHINOBI, voici venu un jeu plus aérien et son lot de tapping typique. AMBER DAYBREAK a gardé ses parties hurlées mais les titres n’hésitent pas à être parfois dansants, à la limite d’un guilleret contrastant avec certaines noirceurs vocales. Entre légèreté et tempête. Entre frénésie et mélancolie. Le chant n’est pas qu’hurlé, d’ailleurs, ce qui permet ici aussi une avancée en évitant une redondance lassante. Les rythmes sont construits de manière à nous emporter dans un univers fait de contrastes et de variances.
Face à un album de cette trempe, je ne peux qu’accorder le bénéfice du doute quant à la maturité musicale acquise (ou non) des Namurois. C’est l’avenir qui tranchera d’autant que si AMBER DAYBREAK m’avait été inconnu jusqu’à ce jour, elle aurait été accordée les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes face à Sentinels.

Amber Daybreak
Poison the Well
Mutiny on the Bounty