D’ordinaire la Suisse n’exporte pas de groupes faisant dans la dentelle, Lost Sphere Project ne déroge en aucune façon à cette règle...
Rien que l’intro pourtant extrêmement calme, voire « léchée » annonce la déferlante à venir, une belle avalanche de chaoscore, à la limite du grindcore parsemée de plans syncopés qui ne sont pas sans évoquer le Meshuggah de la meilleure époque ! Dans la seconde partie de l’album et certains titres, dans le déferlement maîtrisé, les ambiances lourdes et inquiétantes, aidé en cela par le chant quasi religieux et incantatoire voire tout bonnement cathartique, c’est alors à Amen Ra qu’il faut penser.
En dix ans, les Suisses de Lost Sphere Project ont pris le temps de peaufiner les seize titres abruptes, chaotiques et brutaux à souhaits qui constitue cet album, une pure tempête d’agressivité de quarante minutes. Tout cela n’aurait pu être qu’une informe et immonde bouillie, mais le groupe fait montre de maîtrise et de maturité, peut-être est-ce aussi le fait d’avoir fréquenter de près ou de loin des groupes comme Impure Wilhelmina, Knut, Nostromo ou encore plus intimement Rorcal (dont les deux guitaristes sont présents dans Lost Sphere Project).
La fin de l’album vous laissera laminé, malmené, épuisé avec les neurones et les tympans liquéfiés...





