On est en droit de se poser la question à l'écoute de ce cinquième album ...qui est, en fait, une pâle copie du quatrième.
Alors oui, Sabaton réalise toujours du bon heavy/power metal bien couillu. Oui, les choeurs et les envolées symphoniques sont toujours aussi puissantes et hypnotisantes. Oui, Joakim et ses potes assurent musicalement. Oui, les Suédois bénéficient d'une remarquable production.
Mais non, cela ne suffit pas. Un bon album a une âme, une histoire, un vécu. On y entend le fun, la rage, le désespoir ou que sais-je encore...
Ici, rien de toutes ces émotions. Coat Of Arms a la froideur d'un iceberg de l'antarctique. Est-ce le fait d'avoir signé sur le plus gros label metal qui a ainsi paralysé nos Scandinaves?
On peut s'interroger tant Coat Of Arms ressemble à s'y méprendre à son prédécesseur. C'est à ce point consternant que le titre "Midway" semble être écrit sur les mêmes bases mélodiques que "Ghost Brigade"...
On a réellement l'impression, au fil de l'album, que l'on a demandé aux Suédois de ne rien changer à une formule qui gagne...
Mais tout n'est pas à jeter dans cet album. Loin de là même! Il suffit de se laisser emporter par "Uprising" pour s'aperçevoir que les maîtres du power metal n'ont rien perdu de leur verve et de leur puissance.
Coat Of Arms contient quelques pépites homériques comme l'excellent "The Final Solution" ou "Saboteurs" au refrain entêtant.
Ce qui gêne le plus finalement, c'est l'omniprésence des claviers qui, même s'ils sont admirablement bien joué, masquent trop l'excellent duel de guitares que se livre la paire Oskar Montelius-Rikard Sundén.
Et le chant dans tout cela? Joakim Brodén n'a rien perdu de son timbre de voix mais les roulements intempestifs de ses "r" finissent par lasser...
Mais l'ensemble, même s'il est cohérent, manque cruellement d'originalité à l'image d'un "Metal Ripper" qui, outre le fait qu'il pompe à Judas Priest l'intro de The Ripper, s'enfonce dans un hard FM dont les clichés ont déjà été et sont encore trop exploités...
Si The Art Of War avait pu nous séduire par sa spontanéité, Coat Of Arms nous déçoit par son côté linéaire. Tout est bien ficelé, voire un peu trop lisse...
Alors cet album contentera les fans du groupe qui retrouveront tous les ingrédients qui ont déjà fait de la recette Sabaton un véritable succès. Pour les autres en revanche...

Sabaton
Judas Priest