Cette fois encore, il aura fallu plus de quatre ans pour que le groupe livre Pandemonium, le successeur de Welcome To The Real World, sorti comme vous l'aurez compris en 2006. Mais, une fois encore, force est de constater que le groupe nous livre un bijou de heavy metal et que les années n'ont eu d'emprise que sur leur notoriété qui s'est injustement éfilochée au fil des ans.
Certes, les esprits chagrins se moqueront de cette musique qu'ils catalogueront d'éculée avant même d'y avoir posé leurs oreilles. Si on peut, en partie, leur donner raison à l'écoute de l'une ou l'autre ballade ("Old Enough To Know"), on s'offusquera à entendre ce jugement qui manque du plus élémentaire recul objectif.
Car le groupe n'a cesse de s'innover et d'apporter un zeste de fraîcheur à sa grande faculté de composer des morceaux qui tiennent plutôt bien la route.
Et ce n'est d'ailleurs pas par le plus grand des hasards que Jacob Hansen (Volbeat, Nightrage, ...) a accepté de produire l'oeuvre des Scandinaves. Le bougre y apporte cette touche de modernité qui confère à Pandemonium cette crédibilité dont le groupe a tant besoin.
Car les Danois n'ont, en effet, plus surfé sur la vague du succès depuis plus de vingt ans malgré la sortie de plusieurs albums tout aussi remarquables les uns que les autres. Mais, fort heureusement, cet injuste manque de notoriété n'est pas le fait de compositions trop faibles. Que du contraire...
Laissez-vous emporter par le titre "Pandemonium", introduit par un discours de Barack Obama, pour vous rendre compte que vous êtes à l'écoute d'un album qui ne manque pas de qualités.
Oui, les claviers sont peut-être plus présents que par le passé mais, jamais, ils ne prennent le dessus sur des riffs de guitares parfaitement exécutés par Ken Hammer.
On est complètement scotché par "It Comes At Night" où le chanteur Ronnie Atkins utilise une voix de robot pour conférer au titre une atmosphère apocalyptique...
Ronnie Atkins est un de ces chanteurs heavy qui parvient à moduler sa voix dans tous les registres imaginables sans jamais en faire de trop. Ce qui n'est pas une sinécure dans ce style musical où la "théatralité" l'emporte régulièrement sur la consistence...
Les deux membres précités sont les seuls qui ont navigué à bord du navire Pretty Maids durant ces trente années d'existence mais les trois plus "nouveaux" (le bassiste kenn Jackson est tout de même là depuis 1992) se sont parfaitement intégrés dans l'ensemble. Car la cohérence est le maître-mot pour qualifier cet album.
Pretty Maids, même s'il a flirté naguère avec le succès, ne s'est jamais laissé corrompre par la facilité de composition qui aurait peut-être pu lui ouvrir les portes d'un succès qu'a connu Scorpions, par exemple. Son "Beautiful Madness" est d'ailleurs là pour le prouver. Les riffs imparables de ce titre ne quitteront pas votre boîte cranienne de sitôt... Ken Hammer, le guitariste-fondateur, s'est visiblement bien remis de son attaque cardiaque qui avait mis l'existence du groupe en péril en 2003.
Malheureusement, un tel album n'intéressera, sans doute, que les amateurs du groupe. Et on peut parler d'injustice car, à l'écoute de ce Pandemonium, Pretty Maids prouve, à nouveau, qu'il aurait, plutôt cent fois qu'une, mérité sa place au panthéon des géants du heavy metal... Preuve est une nouvelle fois faite que qualité ne rime pas nécessairement avec notoriété...
Pretty Maids

Nightrage