La seconde partie de l’album, si elle se garde quelques moments plus violents, s’offre à une Noise sombre et plus racée. Le moment-phare d’ailleurs de ce deuxième visage, on le doit à l’ENFANCE ROUGE. François Cambuzat signe les textes de Mais Ils Ne Renforcent Pas Le Camp Ennemi Qui Comptait Déjà Des Millions D’Imbéciles Et Où L’On est Objectivement Condamné à Être Un Imbécile, et Chiara Locardi y pose sa voix. Un parallèle bien plus évident avec la musique des Franco-Italiens se met en place. V13 réussira toutefois à garder sa personnalité intacte, que ce soit en confiant une place importante au couple de l’ENFANCE ROUGE ou en continuant dans cette voie sur les titres suivants, les Français assumeront leur cassure jusqu’au bout.
Overlook Hotel nous fait regretter l’époque où le vinyle régnait. La musique de V13 s’accommoderait très bien aux craquements du disque noir. Que ce soit sur ces moments d’urgence ou au contraire sur ces passages fragiles ou tendus, la granulosité de la version vinyle est quasi indispensable . D’un point de vue plus pragmatique, le disque vinyle offre encore un avantage. Il permet de scinder encore mieux les deux facettes de V13, proposant ainsi une cohérence plus pratique face à la double démarche musicale et artistique.
Le deuxième album de V13 n’hésite donc pas à sortir des formats balisés. Tirant même sur quelques influences Jazzy, il se moque des idées reçues et n’hésite pas à bousculer les attentes conventionnelles de l’auditeur. Toutefois, V13 met en avant une démarche logique, rendant par l’occasion son album suffisamment cohérent même si divisé par deux déclinaisons quelque peu éloignées de sa Noise.
