Malheureusement, la sortie de ce nouvel album est venu balayer les derniers espoirs de retrouver ce groupe inspiré et créatif comme sur A Fragile Hope.
Etait-ce la volonté de grandir médiatiquement ? Ou bien la signature sur un label conséquent comme Century Media ? Ou encore et tout simplement un changement dans la ligne de conduite suite à un manque d’inspiration ? Toujours est-il que le Post-Hard-Core Métalisé s’est fortement lissé et a perdu en personnalité. Même si le groupe londonien alterne encore des ambiances rageuses et à des passages plus fragiles, on n’y retrouve plus la touche bien particulière qui le caractérisait. Les compositions sont honnêtes, mais souffrent d’un classicisme et sont sans surprise en comparaison à ce premier album pourtant prometteur.
Il est évident que DEVIL SOLD HIS SOUL a bénéficié d’une production bien meilleure avec sa signature chez Century Media. Ne parlons même pas de la couverture promotionnelle. À l’inverse, la magie qui s’opérait dans les tensions, les explosions et le désespoir ne fonctionne plus. DEVIL SOLD HIS SOUL a cédé à la tentation d’une uniformisation de sa musique et cela sonne artificiel. On y retrouve quelques passages plus efficaces mais insuffisants pour sauver pleinement l’album. Au mieux, ils laissent entrevoir quelques reliquats des bons moments qui rappellent A Fragile Hope avant d’être anéantis par un retour à un conformisme à la limite du supportable. Ainsi Callous Heart démarre plutôt bien, mais est rattrapé par un chant émotionnellement factice avant de reprendre quelques bonnes mesures. The Disappointment reste le titre le plus proche de ce qu’aurait dû nous délivrer les Anglais pour conserver son potentiel. Un comble annoncé ?
Blessed & Cursed est donc un album convenu qui agacera celles et ceux qui s’étaient mis à croire au groupe avec A Fragile Hope. Plutôt irritant qu’inaudible.

Devil Sold His Soul