Ce quatrième album de GIFTS FROM ENOLA est quelque peu différent de ses prédécesseurs, et par là même, s’éloigne encore de ses racines. L’entrée en matière avec Lionized est on ne peut plus explicite sur la suite de l’album. Lourd et tranchant, le titre ouvre à de nouveaux horizons la musique du groupe. Certes des accointances avec un ISIS instrumental s’y retrouve, mais on note également une manière de structurer ses morceaux plutôt à la sauce Math-Rock.
La suite Dime And Suture ne démentira pas cette nouvelle influence. Au passage, le groupe semble faire un petit clin d’œil à JIMI HENDRIX dont on commémore les 40 ans de sa disparition, avec un léger effet emprunté à Crosstown Traffic.
Le psyché revenant en force au pays des musiques alternatives, on retrouve également de nombreux effets dans les titres de GIFTS FROM ENOLA, plus particulièrement avec Alagoas qui adoucit quelque peu le jeu avant d’envoyer à nouveau une sauce tonitruante avec Grime And Glass.
Cet album éponyme se termine un peu comme il a commencé avec Rearview. Un rappel de l’introduction faite par Lionized en guise de conclusion afin de bien réaffirmer que les Américains de GIFTS FROM ENOLA sont entrés dans une nouvelle phase artistique. Sans renier pour autant son passé, le groupe renouvelle de bien belle façon sa manière de composer. En condensant diverses influences empruntées à la Noise, au Post-Rock et au Post-Hard-Core moderne ainsi qu’au Math-Rock et à l’Indie, GIFTS FROM ENOLA apporte de la dynamique à ses titres autant que de la souplesse. Finalement seul le manque d’originalité dans la recette viendra faire de l’ombre à la maîtrise quasi chirurgicale du groupe.
Gifts from Enola