Le groupe a gardé les accents sombres du passé de ses membres pour monter une indie rock qui alterne passages fragiles et grosses guitares. Inspiré de la Noise 90’s, VENTURA a su profiter des modernités actuelles pour produire son album. Le disque rappelle dès lors des groupes comme HELMET, SONIC YOUTH ou UNWOUND, mais avec un son d’aujourd’hui (enregistré par Serge Morattel – encore lui !).
Emballé par une batterie carrée et une basse simple mais diablement efficace, les guitares rappellent un autre groupe des années 90, THE JESUS LIZARD. Rien d’étonnant quand on sait que le groupe a eu la chance de travailler avec David Yow et d’enregistrer un 7’’ avec. Par contre, il manque par moments un peu de folie à tout ça. On dirait que VENTURA n’ose pas se permettre quelques fantaisies, à moins qu’il ne soit obnubilé par sa noirceur. THE GOD MACHINE avait à l’époque réussi à poser des émotions fortes, VENTURA pourrait faire de même s’il ne se retenait pas tant.
VENTURA aime aussi les mélodies. Toujours bien servies avec ce qu’il faut de dosage pour accompagner le mur du son construit, elles sont aussi présentes dans le chant. Un chant qui agacera certains. Son côté aigu, Pop fera deux camps. Ceux qui apprécient et ceux qui n’accrochent pas.
Malgré quelques doléances, We Recruit reste un bon album et une bonne surprise venue de chez African Tape. Assez direct et homogène dans sa conception, il plaira aux amateurs de la Noise des années 90. Imparfait certes, subjectif sans doute, mais de bonne facture, We Recruit se place parmi les sorties qui mettent en avant le vivier suisse.

Ventura

Helmet