Forbidden a donc tenté de se réserver, lui aussi, sa petite part du gateau en célébrant un énième comeback. Véritable fer de lance du mouvement thrash des années '80, le groupe de la Bay Area s'est, en effet, séparé à la fin des années 90 pour, ensuite, revenir sur la pointe des pieds deux ans plus tard avant de se séparer à nouveau pour mieux revenir en 2007...
Les deux dernières livrées du combo californien n'avaient d'ailleurs pas laissé un souvenir impérissable tant le thrash déployé à ces funestes occasions se révélait beaucoup trop prévisible.
Et au jour d'aujourd'hui me demanderez-vous? Et bien, je serais tenté de vous répondre que pas grand-chose n'a changé sous le soleil... Certes, la voix de Russ Anderson semble mieux maîtrisée que par le passé mais son timbre aigu semble appartenir à un temps révolu.
Tout n'est pas mauvais pour autant. "Forsaken At The Gates" est un excellent titre. La section rythmique déboule tel un rouleau compresseur. Il y a aussi "Overthrow", morceau très agressif où se mêlent avec bonheur variations et arpèges.
Forbidden a aussi placé deux titres plus légers dans la fureur mais tout aussi oppressant. "Dragging My Casket" s'inscrit comme un titre mid-tempo, proche de la ballade. "Hopenosis" surfe aussi sur une vague plus lourde mais sa montée progressive en puissance offre une bonne dose d'adrénaline à son auditeur.
On retiendra aussi le titre phare de l'album: "Omega Wave". Un titre thrash old-school pur jus. Une véritable tuerie de six minutes qui démontre que Forbidden dispose de sérieux atouts techniques à faire valoir.
Où est le problème alors? Et bien, il y en a plusieurs. Tout d'abord, l'album tire en longueur avec ses 12 titres. Avec l'un ou l'autre morceau en moins, l'album aurait été beaucoup plus corrosif. Ici, les bonnes, voire excellentes, compositions se diluent un peu dans la masse.
Et puis, il y a aussi ce sentiment de déjà-vu, déjà-entendu qui envahit l'esprit dès la première audition. L'artwork de la cover laisse aussi à désirer même s'il a été réalisé par le dessinateur des premières heures. On y décèle d'ailleurs les mêmes têtes que celles qui se cognaient sur Forbidden Evil, album-culte du groupe sorti en 1998. Forbidden essayerait-il de nous convaincre d'un quelconque retour aux sources? Cette seule démarche met sérieusement en doute l'intégrité d'un groupe qui ne peut que se raccrocher à ses références pour expliquer sa légitimité. C'est assez regrettable, non?
Overkill


