2010 ne sera pas l’année de l’inspiration et du bon goût pour Robin Staps. Anthropocentric démarre sur la plage titulaire et ravive l’espoir sauf qu’à mi-parcours du titre déjà, ce chant clair horripilant est à nouveau au rendez-vous. L’album vire progressivement métal plutôt que Post-quelque chose.
Il est clair que tout au long du disque, en comparaison à Heliocentric, les guitares sont plus pesantes et le chant plus agressif. Mais comme on vient de le voir, THE OCEAN ne s’est malgré tout pas défait du chant clair qui ne lui va pas. Moins présent certes, mais encore présent. Et si les guitares ont retrouvé à de nombreuses reprises leurs distos, il n’empêche que THE OCEAN n’arrive pas à les imposer. Il ne faut pas attendre longtemps pour voir THE OCEAN manquer de goût et commettre des erreurs de choix qui plombent l’élan (dès Anthropocentric d’ailleurs).
On dirait qu’à chaque fois que Robin Staps a une bonne idée, THE OCEAN en exécute deux mauvaises.
Plutôt Métal cet album disais-je. Si la plage titulaire conservait un semblant de Post Hard Core Metal, la première partie du Grand Inquisitor en a déjà perdu beaucoup de ses beaux restes. Le summum sera atteint avec des titres comme The Grand Inquisitor II, Sewer Of The Soul où THE OCEAN n’est absolument pas dans son registre. L’interlude The Grand Inquisitor III lorgne sur un PORTISHEAD en mal d’inspiration et Wille Zum Untergang veut nous refaire le coup de la chanson douce plongeant dans les sphères du Post-Rock.
Sauf que nous, on voulais un album percutant, pas nécessairement bruyant, mais composé avec force et surtout le bon goût qu’on connaissait à Robin Staps pour pondre des albums au concept solide. Au lieu de ça, Anthropocentric se révèle être un album où chaque titre est critiquable. Pas toujours dans son entièreté, mais malheureusement, il n’y a pas une plage qui ne souffre à un moment d’un instant ou d’une idée qui ne colle pas avec le reste, voire même qui frise le ridicule. Parce qu’il possède des parties plus inspirées, Anthropocentric s’en sort mieux que Heliocentric. Toutefois, THE OCEANest loin du niveau qu’on a connu, notamment sur Precambrian, un disque qui pourtant reprenait pas mal d’idées qu’on retrouve ici de manière disgracieuse ou mal exploitées. Espérons qu’il ne s’agisse que d’une mauvaise passe pour Robin Staps et son projet THE OCEAN, car honnêtement, j’aurais été très surpris, puisque les deux disques ont été enregistrés ensemble, d’en voir un décevant et l’autre provenant du même élan être extraordinairement intéressant.

The Ocean
Portishead