Si vous avez du mal à croire à cette version de l’histoire, demandez-vous pourquoi la ville est souvent associée à la débauche urbaine où règne les fêtes alcoolisées, la prostitution et la drogue. Liège s’est d’ailleurs vu affublé d’un nouveau surnom, plus contemporain de Toxcity. Et si les putains sont moins visibles aujourd’hui, c’est en attendant la création d’un gigantesque Eros-Center qui officialisera une fois pour toute le règne de la luxure.
Bien sûr la présence de la religion, défenderesse de la bonne morale a toujours tenté de contrebalancer l’influence du malin sur la ville. Le Palais des Princes-Evêques est un vestige de ce combat perdu.
On le comprend vite, les adorateurs des anges maléfiques à Liège sont encore nombreux. Dans une société où la rigidité de la morale s’intensifie, ils ont choisi de prêcher la mauvaise parole d’une manière moins ouverte, par le biais de la musique. Une musique où la perversion, la dégénérescence, la peur et la folie trouveraient un écho particulier. Où l’expression de la noirceur des âmes deviendrait tangible. À l’instar d’ULTRAPHALLUS, passé maître dans cet exercice, LUIK, qui revoie par son nom, aux origines pernicieuses de la ville, s’atèle aussi à sublimer la malsain.
Cris crispés et stridents (KHANATE en version moins sludge) sur fond de guitares saturées toutes aussi crispantes et tranchantes sont au programme de LUIK. Des rythmes usés et cassés pour créer l’angoisse et l’anxiété s’entremêlent aux nappes dissimulées qui tel l’œil livide de l’innocent pudibond trahit la victoire de la démence.
Les plus fidèles seront tentés par le magnifique écrin limité à 180 exemplaires du disque découpé en 10 chapitres. Revêtue entièrement de noir, cachant quelques incantations spéciales et contenant un patch pour afficher son appartenance, cette version numérotée pue également la térébenthine qu’on respirera à plein poumons pour accompagner l’extase.

Ultraphallus
Khanate